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Le dernier repas d’un louveteau préhistorique éclaire la disparition des rhinocéros laineux

Ces représentants emblématiques de la mégafaune glaciaire ont disparu il y a environ 14 000 ans

— Catmando / Shutterstock.com

Le séquençage d’un fragment de chair de rhinocéros laineux, découvert dans l’estomac d’un louveteau mort il y a 14 400 ans, a permis d’éclairer les causes de la disparition de ces anciens géants.

Un petit miracle

Les découvertes des deux « chiots de Tumat » étaient intervenues au début des années 2010, près de ce village du nord de la Sibérie. L’an passé, l’étude approfondie de leurs restes avait révélé qu’il s’agissait de deux très jeunes femelles appartenant à la même portée, âgées de quelques semaines seulement au moment de leur mort.

Selon l’équipe, tomber sur des restes d’animaux aussi anciens et complets constituait un petit miracle. Le scénario le plus probable étant que la tanière des deux louveteaux se soit effondrée, et que le permafrost ait contribué à préserver leurs dépouilles pendant des millénaires.

En examinant le contenu de l’estomac de l’un des canidés préhistoriques, les chercheurs ont identifié un morceau de chair de rhinocéros laineux (Coelodonta antiquitatis). Comptant parmi les plus célèbres représentants de la mégafaune de l’ère glaciaire, ces créatures herbivores massives pouvaient mesurer jusqu’à 3,5 mètres de long pour un poids de 3 tonnes.

Pas de signes de consanguinité

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Genome Biology and Evolution, Edana Lord, de l’université de Stockholm, ont procédé au séquençage génétique complet de ce témoignage inespéré de C. antiquitatis, révélant qu’il s’agissait d’une femelle ne présentant étonnamment aucun signe de consanguinité.

Une telle découverte a d’importantes implications pour notre compréhension de ces herbivores eurasiens massifs, dont les raisons de la disparition, il y a environ 14 000 ans, restent débattues.

Les comparaisons du génome du « rhinocéros de l’estomac » à ceux d’individus qui vivaient il y a respectivement 49 000 et 18 000 ans n’a révélé aucune variation significative de la diversité génétique, et par conséquent des populations stables à l’époque où vivaient les deux louveteaux. Ce qui appuie de ce fait la piste d’un réchauffement climatique brutal à la fin de la dernière période glaciaire, à l’origine de changements environnementaux insurmontables pour ces grands herbivores.

En 2024, une étude avait conclu que les derniers mammouths laineux étaient consanguins mais pas condamnés à l’extinction.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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