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Il cache bien son jeu : ce petit prédateur marin est passé maître dans l’art de la duperie

Un céphalopode plutôt malin

— © prilfish / Flickr

Invertébrés réputés pour leur intelligence, les pieuvres sont de véritables reines du camouflage. Dans ce domaine, une espèce se distingue particulièrement : Amphioctopus marginatus.

Une utilisation avancée d’outils

Rencontrée dans les eaux tropicales peu profondes des océans Pacifique et Indien, la bien-nommée pieuvre noix de coco a coutume de se dissimuler à l’intérieur d’objets creux. Lorsque l’une de ses proies (essentiellement de petits crustacés) passe à proximité de sa cachette, elle en jaillit et la saisit à l’aide de ses tentacules.

Si ce petit céphalopode privilégiait au départ les coquilles de mollusques, il s’est ensuite tourné vers les coques de noix de coco jetés par les communautés côtières, qui parsèment les fonds sableux des baies et des lagons. Une habitude qui lui a donné son nom vernaculaire. Illustration de l’ampleur de la pollution marine, A. marginatus utilise aujourd’hui différents types de déchets (bouteilles en verre, boîtes de conserve, récipients en plastique…) comme abris.

Ces dernières années, les observations de cette créature marine ont montré qu’il ne s’agissait pas d’une banale opportuniste. À plusieurs reprises, des chercheurs ont vu des individus ramasser et déplacer délibérément des coques de noix de coco, qu’ils utilisaient comme d’improbables boucliers ou stockaient en vue d’une utilisation future.

Unique chez les invertébrés, cette routine est considérée comme une utilisation avancée d’outils. Selon une étude publiée en 2009, la planification qu’elle implique la rapproche des comportements que l’on pensait autrefois propres à notre espèce.

Bipédie sous-marine et communication visuelle

Autre particularité d’A. marginatus : lorsqu’elle déplace ses abris, elle adopte une forme de bipédie sous-marine. En 2005, des chercheurs de l’université de Californie avaient décrit des spécimens tenant fermement des coques de noix de coco à l’aide de six tentacules, et utilisant les deux restants pour se déplacer, plutôt agilement, sur le fond marin.

À l’instar des autres espèces de pieuvres, sa peau est recouverte de minuscules cellules pigmentées connues sous le nom de chromatophores, qui lui permettent de changer de couleur ou de motifs pour tromper la vigilance de ses prédateurs, et également de communiquer avec ses semblables.

Fin 2024, des chercheurs avaient par ailleurs surpris Amphioctopus marginatus en train d’utiliser son siphon comme arme pour mitrailler les poissons de cailloux.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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