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Tendez l’oreille et laissez-vous envoûter par les oeuvres de Danny Elfman, le compositeur attitré de Tim Burton

Son nom est maintenant incontournable dans l’industrie du cinéma, mais Danny Elfman a pourtant eu un début de carrière qui ne l’orientait pas dans la direction de la composition de musiques de films. Il est l’un de ces rares compositeurs d’Hollywood que l’on peut reconnaître après quelques secondes d’écoute, notamment grâce à son style à la fois particulièrement sombre et enchanteur. SooGeek vous dresse le portrait de ce compositeur pas comme les autres.

 

Né au Texas le 29 mai 1953, Daniel Robert Elfman grandit cependant à Los Angeles au milieu d’une famille très artistique. Sa mère est romancière et son frère commence une carrière de musicien pour ensuite se tourner vers le cinéma. Son réel éveil musical ne se fait qu’à l’âge de onze ans lorsqu’il écoute la bande-son de Bernard Herrmann pour Le Jour où la Terre s’arrêta sorti en 1951. Il apprend à jouer de divers instruments lors d’un voyage de jeunesse en France et récupère le groupe de son grand frère en rentrant aux États-Unis : The Mystic Knights of Oingo Boingo, qui devient rapidement Oingo Boingo. Le groupe produit un rock associé à des cuivres et des influences punk, étalés sur 8 albums studio, de 1981 avec Only a Lad à 1994 avec Boingo.

 

L’Étrange Noël de monsieur Jack – Que vois-je ? (1993)

 

Les inspirations principales du jeune Daniel sont principalement des compositeurs classiques comme Maurice Ravel, Erik Satie, Tchaïkovsky, mais aussi des artistes contemporains comme Philip Glass et Lou Harrison. Il est d’ailleurs assez facile de retrouver le piano de Ravel et de Satie parsemé dans l’oeuvre d’Elfman et contribuant à faire des films pour lesquels il compose des expériences enchanteresses. Au fil du temps, le groupe se fait connaitre pour son style éclectique, sa participation à diverses bandes-son et à ses concerts traditionnels d’Halloween, dont le dernier marquera l’adieu du groupe en 1995. Mais revenons un peu en arrière, avant de faire tous ces albums et de connaitre son succès modéré, le groupe se fait un fan très particulier, un certain Tim Burton.

 

Batman Returns – Birth of a Penguin (1992)

 

Subjugué par le style artistique du groupe, le jeune cinéaste demande à Danny Elfman de composer pour son premier film, Pee-Wee’s Big Adventure en 1985. S’amorce alors la véritable carrière de Danny Elfman. Les deux nouveaux amis s’entendent à merveille dans le travail comme à l’extérieur et la collaboration s’avère harmonieuse puisque Tim Burton fera appel à Danny pour la grande majorité de ses films, en commençant par l’hilarant Beetlejuice puis pour le premier Batman de Burton en 1989 pour lequel Danny Elfman gagne un Grammy Award. C’est aussi à cette période qu’il écrit le thème plus que célèbre des Simpson.

 

Les Simpson – Main Theme (1989)

 

L’entrée dans les années 90 marque l’époque qui a réellement fait la carrière de Danny Elfman avec de nombreux succès, en commençant par le magistral Edward aux mains d’argent où il est de nouveau nominé aux Grammy, puis son coup de maître avec le sombre et enivrant Batman Returns qui offre parmi les meilleures compositions de Danny Elfman avec des choeurs féminins magnifiques. L’année suivante en 1993 sort le phénomène de L’Étrange Noël de monsieur Jack, réalisé par Henry Selick. Danny Elfman compose l’intégralité de cette production musicale ainsi que toutes les paroles des chansons, c’est-à-dire presque l’intégralité des dialogues. Il compose pour d’autres grands cinéastes dans le milieu des années 90 : Sam Raimi (A Simple Plan), Peter Jackson (Fantômes contre fantômes) et Gus Van Sant (Good Will Hunting).

 

Edward aux mains d’argent – Ice Dance

 

Il revient composer pour Burton avec Mars Attacks! et Sleepy Hollow juste avant le nouveau millénaire, avec une musique collant à merveille au film, entre l’horreur et la féerie. Après plusieurs collaborations avec Sam Raimi, ce dernier fait appel à Danny Elfman pour son nouveau Spider-Man de 2002. Le thème principal reste gravé dans la mémoire de chaque spectateur et est maintenant difficilement dissociable de l’univers de l’homme-araignée. Il continue bien entendu son éternelle collaboration avec Burton pour le génial Big Fish, l’excentrique Charlie et la chocolaterie et Les Noces funèbres, où il signe l’une de ses meilleures bandes originales. Il continue de composer pour les films de Gus Van Sant et d’autres films aux bandes-son plus discrètes tout en élargissant ses domaines d’activité en signant le générique de Desperate Housewives ou encore les musiques du jeu vidéo Fable en 2004.

 

Spider-Man – Main Theme (2002)

 

Les Noces funèbres – Victor’s Piano Solo (2005)

 

Danny Elfman aussi se fait un peu plus discret, consacrant brièvement moins de temps à sa carrière pour prendre le temps de se marier et d’accueillir son dernier enfant. Il va falloir attendre 2010 pour retrouver les deux compères sur le même projet, à l’occasion d’Alice au pays des merveilles, puis avec Dark Shadows, Frankenweenie et Big Eyes. Danny Elfman retourne également dans l’univers des super-héros en composant pour Joss Whedon à l’occasion de Avengers : L’Ere d’Ultron en 2015.

 

Ce qui fait la spécificité de Danny Elfman, c’est d’abord sa grande sensibilité à la musique classique et un lien fort avec l’univers du macabre et des contes de fées. Ses compositions sont excentriques voire exagérément comiques dès la première minute pour devenir sombres et douces à la deuxième. Quelle est pour vous la plus belle composition de Danny Elfman ?

C’est impossible, dit la fierté. C’est risqué, dit l’expérience. C’est sans issue, dit la raison. Essayons, murmure le cœur.

— William Arthur Ward