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Trop vieux pour chasser, 50 000 lévriers vont être abattus ou abandonnés en Espagne

Il existe un proverbe français qui dit « Neige de février – Fuit comme un lévrier ». Selon certaines associations, c’est près de 50 000 lévriers qui disparaissent avec les neiges de février chaque année, abandonnés ou tués par leur maître. La chasse au galgos (qui signifie lévrier en espagnol) est profondément enracinée dans la culture espagnole, difficile donc de remettre en cause cette tradition ancestrale, il est pourtant urgent que les galgueros (chasseurs) ouvrent les yeux sur la cruauté du sort qu’il réserve à leurs animaux.

Tous les ans, des lévriers sont entraînés dans des conditions déplorables pour les besoins de la chasse et massacrés quand vient la fin de la saison. La chasse au lièvre se déroule généralement dans le sud du pays, elle met en compétition les chiens lâchés après leur proie, le premier à rapporter sa prise gagne la course. Pour entraîner leurs chiens, les galgueros les attachent à des véhicules (certaines voitures roulant jusqu’à 60 km/h), les forçant à courir jusqu’à l’épuisement. Pire encore, un grand nombre de chasseurs torturent et tuent leurs chiens à la fin de la période de chasse en février.

Certains lévriers sont pendus ou délaissés dans la forêt avec les pattes brisées, d’autres sont noyés dans des puits, les plus chanceux sont abandonnés dans des chenils municipaux ou des fourrières, même si à moins d’être adoptés, nombre d’entre eux finissent euthanasiés… Il faut savoir qu’à cause des performances qui leurs sont demandées, les lévriers voient leurs capacités diminuer dès l’âge de 3 ans et deviennent donc très rapidement dépourvus de toute utilité pour les chasseurs. Mais c’est sans compter les exécutions gratuites imposées par le chasseur quand le chien triche pour gagner la course.

Si le code pénal espagnol prévoit bien une sanction pour punir la maltraitance animale, il reste très difficile d’imposer le respect des lévriers dans un pays où l’animal, « à l’instar des corridas », est encore considéré comme un objet de « divertissement », explique Mme Brigitte Auloy, chargée de mission à l’international au sein de la fondation Brigitte-Bardot. Pour Antonio Romero, chasseur et ancien parlementaire, la justice espagnole « ferme les yeux » sur ce qu’elle considère comme « un trésor millénaire ».

Face à cette institution si profondément ancrée dans les mœurs, certains acteurs de la société et associations de défense des animaux (Galgos del Sur, SOS Galgos) essayent de lutter afin de protéger les lévriers et sensibiliser le public à leur cause. Il y a quelques années, Irene Blanquez, à l’origine monteuse de films publicitaires, a sorti un documentaire poignant « Février, la hantise des galgos », sur la souffrance endurée par les lévriers espagnols. En France aussi, les associations se mobilisent pour faire cesser ce massacre et donner une seconde chance aux lévriers abandonnés comme le groupe d’aide aux lévriers Galgos odieusement sacrifiés (G.A.LG.O.S) ou la fondation 30 Millions d’amis qui a mis en place une pétition à l’attention du Premier ministre espagnol.

Espérons que ces associations soient en mesure de faire évoluer les mentalités sur la question des lévriers. Peu de pays européens autorisent encore la chasse sans fusil, l’Angleterre a fini par interdire la chasse à courre en 2004, et même la France dont la proposition de loi pour la proscrire est restée en suspens, a interdit la chasse au lévrier en 1844.

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