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Très prometteuses à leurs débuts, ces séries sont pourtant devenues tristement médiocres au fil du temps

Depuis le milieu des années 2000, la popularité des séries a explosé. Ce que certains appellent l’âge d’or des séries télévisées produit ce qu’il y a de mieux et ce qu’il y a de pire. Malheureusement, certaines séries qui commencent dans la première catégorie finissent parfois dans la deuxième. Revenons sur ces séries qui sont devenues ennuyeuses après des débuts pourtant excitants.

 

Weeds (2005 – 2012)

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Les aventures de Nancy Botwin, c’était pourtant quelque chose de bien particulier pour les fans de la première heure. Le juste milieu entre Desperate Housewives et Breaking Bad, tout en étant à des kilomètres d’atteindre la qualité du dernier et l’humour du premier. La série avait pourtant tout pour réussir : Mary Louise Parker, des personnages attachants, de la drogue et du danger. La vie d’une femme au foyer qui décide de vendre de la weed pour subvenir à ses besoins. Le problème c’est d’avoir fait déménager la famille Botwin, d’avoir marié Nancy à un chef de cartel, puis d’avoir fait voyager les personnes en Europe, à Seattle, à New York, etc. Autant d’allers et de retours inutiles qui ne permettent aucun développement intéressant. La série s’est cherchée pendant la seconde moitié de sa vie lorsqu’elle aurait dû simplement arrêter d’exister et finir sur une note positive.

 

Dexter (2006 – 2013)

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Au départ une série parfaitement exécutée, Dexter était promise à un avenir culte. Et pendant quatre ans, c’était le cas. Les 4 premières saisons sont intenses, pleines de suspense et de mystères, avec juste ce qu’il faut de cadavres et de sang. Puis une autre série portant le nom de Dexter est apparue, ou du moins, c’est l’impression que cela donne. Des histoires en mousse de partout (les relations amoureuses de Debra, tout le personnage de Lumen, Vogel qui arrive de nulle part dans la saison 8 en tant que créatrice du Code que suit Dexter depuis toujours, Masuka devient papa lorsqu’une fille de 20 ans arrive à sa porte, etc.). Le tout fut couronné par des morts ridicules et inutiles dans les dernières saisons. Et n’oublions jamais le pire final de série de ces dernières années, où Dexter change de vie et devient BÛCHERON.

 

Californication (2007 – 2014)

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Après Weeds et Dexter, voici une troisième série venue de la chaîne américaine Showtime qui aurait dû se finir après quelques saisons. C’est à se demander s’ils arriveront un jour à laisser un créateur de série faire ce qu’il veut et ne pas transformer leurs séries en médiocres gagne-pains. À la base une série fraiche et intelligente sur les déboires d’un écrivain séparé de l’amour de sa vie, Californication s’est peu à peu transformée en une parodie d’elle-même, avec les mêmes blagues caricaturant ses propres personnages, les mêmes situations, mais avec des femmes différentes dans le lit de Hank Moody et des histoires franchement pas convaincantes. Une saison entière sur un viol qui n’a jamais eu lieu, une saison où Hank écrit une comédie musicale, une où il travaille à la télévision, bref, autant d’idées qui ne sont ni intéressantes, ni même dignes de l’intérêt du téléspectateur. Le côté sex, drugs and rock’n’roll s’est perdu au profit d’une sorte de sitcom coloré et ce qui était réellement intéressant à voir ne fut que peu développé. Jusqu’à la saison 3, la série était pourtant l’une des plus agréables à regarder à la télévision.

 

Heroes (2006 – 2010)

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La première saison de Heroes était pleine d’excitation et de promesses ! Un casting plutôt réussi, des nouveaux héros aux pouvoirs extraordinaires, des destins hors du commun et une bonne tranche d’action ! Bref tout ce qu’il faut pour réussir une série à l’époque où la mode des super-héros revient au grand écran. Enfin presque. Car il faut aussi un scénario bien construit capable de s’épanouir sur le long terme. Comme beaucoup d’autres séries à ce moment-là, Heroes souffre cruellement de la grève de la Writers Guild of America où plus de 12 000 scénaristes se joignent au mouvement. Des séries s’interrompent temporairement, d’autres sont carrément annulées et certaines perdent toute leur qualité. Heroes s’engouffre alors dans un méli-mélo de dimensions parallèles, de voyages dans le temps et de vies multiples qui rend la série insipide. C’était un bel envol avec un très bon début, mais la série ne s’est jamais relevée de sa première chute durant la saison 2. Deux autres saisons s’accumulent pour tenter de rattraper la catastrophe et malgré quelques bons épisodes, le tout reste médiocre et la série relayée au rang d’erreur à ne plus commettre.

 

How I Met Your Mother (2005 – 2014)

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C’était la série comique qui devait devenir aussi culte que Seinfeld, aussi attachante que Friends. Malheureusement, l’énergie s’essouffle après quelques saisons et la série devient moyenne, puis improbable, et finalement juste… ennuyeuse. Après 8 ans, on ne s’intéresse même plus au mystère de la « mère ». Et lorsqu’elle arrive enfin, la série utilise à peine le personnage alors que c’est exactement ce dont la série avait besoin depuis déjà 3 ou 4 saisons. Comme un élastique tendu jusqu’à être rompu, le téléspectateur perd son intérêt dans la série. Et honnêtement, qui peut le blâmer ? À force de voir Barney devenir une caricature de lui-même et des histoires ridicules sans être marrantes (Marshall se faisant racketter par un singe par exemple…). Il faut également ajouter un final qui ressemble plus à une blague qu’à une fin d’histoire, car en fait la mère était morte depuis le début et l’amour que cherche Ted depuis toutes ces années, son âme soeur dont il nous parle depuis 2005, n’est pas sa femme qui donne son titre à la série, mais Robin, son amie que l’on voit depuis le début. Merci de nous avoir fait perdre notre temps.

 

The Big Bang Theory (2007 – En cours)

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La chute de qualité entre ce que proposait The Big Bang Theory dans sa première saison et ce qu’elle propose maintenant est étourdissante. Rien ne bouge, rien ne change, les mêmes personnages font les mêmes blagues. C’est un pas en avant pour deux en arrière. Oui, l’un se marie, l’autre commence à vivre avec son amoureuse et c’est super, mais est-ce que cela rend une série marrante ou des personnages intéressants s’ils ne changent pas malgré les changements dans leurs vies ? Sheldon reste Sheldon, Leonard est toujours soumis, Penny boit du vin et c’est censé être marrant, Raj est plus proche de son chien que des femmes, Howard devient l’extension de Bernadette, Amy est désespérée de sa relation avec Sheldon. La même recette depuis maintenant des années. La série continue, mais plus personne ne rigole.

 

Sons of Anarchy (2008 – 2014)

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Après deux saisons géniales, on s’attendait à tenir le digne successeur de The Shield (série sur laquelle Kurt Sutter, le créateur de Sons of Anarchy avait travaillé avant de tracer sa route). La troisième saison nous emporte en Irlande pour pourchasser un bébé et lorsque les motards reviennent en Californie, la série perd peu à peu de son sens. L’anatomie d’un épisode de SOA est simple : 1. L’épisode commence par un montage avec une chanson acoustique en fond. 2. Vers le début de l’épisode, Jax s’énerve et prend une mauvaise décision. 3. Pour pimenter l’épisode, il faut un peu d’action. Les personnages vont surprendre un groupe rival dans un entrepôt quelconque et s’ensuit une course-poursuite avec une musique punk rock en fond. 4. Jax ment à son club… pour le bien du club ! Sacré Jax. 5. Montage de fin d’épisode d’une heure avec tous les personnages qui prennent des airs super sérieux et une musique mélancolique. Que dire des pathétiques tentatives de faire de Jax une figure christique, de s’inspirer de Shakespeare pour créer la vomitive Gemma et de parsemer la série de faux gangsters au grand coeur. Il nous reste le dernier plan de la série pour rigoler, avec une miche de pain Harry’s imbibée de jus de raisin pour symboliser le sacrifice de Jax. L’évangile selon Kurt Sutter.

 

Glee (2009 – 2015)

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Glee c’était avant tout l’histoire de lycéens qui ne parviennent pas à s’intégrer dans la norme de la masse adolescente et se retrouvent dans un cours de chant pour exprimer leurs problèmes et se développer eux-mêmes. L’histoire raconte comment un professeur transforme ces individus aussi différents les uns des autres en une unité harmonieuse, comment il les forme à devenir de meilleurs chanteurs, mais aussi de meilleures personnes. Tout ceci est bien beau et pendant les trois premières saisons, tout fonctionne très bien. L’équipe de chant essuie les échecs et peu à peu arrive à décrocher le titre national tant convoité. Les élèves finissent le lycée et la série aurait dû se terminer ainsi. Mais non. Ils font le choix de suivre les personnages à l’université ou ailleurs et d’introduire un nouveau cast de lycéens. Les chansons ne sont plus si intéressantes que ça, les anciens personnages ont déjà fini leurs développements et les nouveaux ne sont pas vraiment intéressants. Rien d’intéressant ne se passe et on finit par éteindre son écran.

 

True Blood (2008 – 2014)

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Tout comme la série de romans de laquelle la série est adaptée, True Blood aurait dû arrêter les frais vers la moitié de sa vie. Mais dans ce cas particulier, le problème n’est pas vraiment la dégradation de la qualité, mais surtout un changement d’optique et de manière de traiter l’histoire. Après le magnifique Six Feet Under, Alan Ball propose un True Blood dépeignant une Louisiane énigmatique remplie de vampires dont l’existence vient d’être révélée au grand jour. Les personnages principaux sont crédibles, divers et avec des histoires engageantes. La série connait tout de suite un énorme succès, Alan Ball se distance de son bébé et True Blood s’éloigne d’Entretien avec un Vampire pour se rapprocher de Twilight. Des histoires fastidieuses, trop de nouveaux personnages insipides, des créatures en pagaille, un manque d’audace et une photographie fade. La qualité des deux premières saisons est exceptionnelle et la troisième présente le meilleur vampire de la série qui relève davantage la qualité de la série. La scène où Russell arrache la colonne vertébrale du journaliste en direct et fait son monologue sur la supériorité des vampires est l’apogée de la série. Enfin un vrai vampire qui assume ce qu’il est. Mais il a fallu rendre la série encore plus accessible, plus mainstream, quitte à perdre la beauté opaque qui caractérisait les débuts de True Blood. Dommage.

 

C’est quand même malheureux de voir des séries avec un si fort potentiel devenir des parodies d’elles-mêmes et des programmes sans intérêt. La faute repose souvent sur la chaîne qui commissionne et dirige les saisons plus que ce que ne voudraient certains créateurs. À devenir plus accessible ou à force de vouloir tirer le maximum d’un concept, on finit par l’épuiser et à heurter la qualité globale de la série. Quelle est pour vous la plus grosse déception des séries télé ?

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— Georges Brassens

Au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi, mieux vaut attendre un peu qu’on le change en ami