De nouvelles données renforcent la possibilité d’une forme de vie sur Vénus

Une récente étude de Sanjay Limaye, chercheur spécialiste des atmosphères planétaires a révélé la possible présence de vie sur Vénus, seconde planète de notre système solaire très semblable à la Terre.

DES CONDITIONS DE VIE EXTRÊMES

Située à seulement quelques dizaines de millions de kilomètres de nous, les conditions de vie sur Vénus ne semblent vraiment pas propices à l’apparition ni au maintien de la vie sur sa surface. En effet, la température y est très élevée, jusqu’à près de 450 °C à cause de sa proximité avec le Soleil, il y pleut de l’acide sulfurique et la pression atmosphérique y est 92 fois plus importante que sur Terre.

Pourtant, certains indices indiquent qu’elle aurait abrité la vie il y a très longtemps pendant à peu près 2 milliards d’années, comme des traces d’océans recouvertes par des coulées de lave survenues récemment.

UNE PRÉSENCE DE PARTICULES DANS L’AIR

Ce n’est toutefois pas la présence d’une ancienne vie en surface qui a attiré l’attention de Sanjay Limaye, qui a d’ailleurs publié une étude récemment à ce sujet, et de son collègue polonais Grzegorz Słowik mais plutôt la présence de particules dans l’atmosphère ayant la même capacité d’absorption lumineuse que certaines bactéries présentes dans l’atmosphère terrestre.

« Vénus montre quelques taches épisodiques riches en soufre, avec des contrastes allant jusqu’à 30-40 % dans l’ultraviolet, et une absorption des longueurs d’onde plus longues. Ces taches persistent pendant des jours, changeant constamment de forme et de contraste. » Voici ce que présente Sanjay Limaye en parlant de ces particules qui ont été observées depuis plus d’un siècle par les chercheurs sans pour autant y trouver d’explication.

Photo de Vénus prise par le télescope Galileo.

DE LA VIE DANS LES NUAGES

Les nuages présents dans l’atmosphère de Vénus ont une forte teneur en souffre et en dioxyde de carbone (CO2) mais regroupent également les conditions thermales et de pression compatibles avec une possible apparition de la vie. Il est fort probable que des bactéries aient pu s’y loger malgré la forte acidité de l’air, car après tout, sur Terre il existe des lieux contenant beaucoup d’acide, mais où des organismes vivants parviennent tout de même à se développer comme c’est le cas à Yellowstone. « Sur Terre, nous savons que la vie peut prospérer dans des conditions très acides, se nourrir de dioxyde de carbone et produire de l’acide sulfurique. », explique Sanjay Limaye.

Retenons que la théorie annonçant la possibilité d’une vie dans les nuages de Vénus ne date pas d’hier, elle a été en premier lieu énoncée par le biophysicien Harold Morowitz et l’astronome Carl Sagan en 1967, et que les observations de Sanjay Limaye restent de l’ordre de l’hypothèse. Le projet VAMP (Venus Atmospheric Maneuverable Platform) prévoit d’envoyer une sonde dans l’espace d’ici 2021 qui pourrait étayer cette hypothèse.


L’araignée, Stegodyphus lineatus, donne naissance à ses petits et se liquéfie afin qu’ils puissent la dévorer

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