Ces os reposaient dans un musée depuis 1950. Une étude récente révèle pourtant qu’ils appartenaient à un stégosaure titanesque. Cette redécouverte bouscule nos connaissances sur ces herbivores cuirassés et ouvre de nouvelles pistes sur leur évolution. Elle rappelle surtout que la science avance parfois en rouvrant ses propres tiroirs.

Des fossiles oubliés depuis des décennies refont surface et révèlent une découverte majeure cachée au cœur d’un musée
Des paléontologues ont extrait ces fossiles dans le bassin d’Uinta dès 1950. À l’époque, personne n’imaginait leur véritable portée scientifique. Les ossements sont restés des décennies sur des étagères. Ils étaient même confondus avec des restes de sauropodes de grande taille.
Une étude récente a fini par éclaircir cette énigme. Rebecca Hunt-Foster a réexaminé ces reliques du Jurassique supérieur avec un regard neuf. Elle a rapidement constaté que ces os ne correspondaient pas aux espèces connues habituellement recensées dans cette région.
Des os aux dimensions exceptionnelles révèlent un stégosaure hors norme, bien au-delà des tailles admises jusqu’ici
Les mesures effectuées sur les humérus dépassent tout ce qui était connu pour ce type d’animal. Ces os atteignent 70 et 74 centimètres de long. Cela correspond à une hausse spectaculaire de 38 % par rapport aux adultes moyens. Ce stégosaure sort clairement des normes établies.
Les estimations actuelles suggèrent un poids d’environ 7,2 tonnes. Une masse comparable à celle des grands sauropodes herbivores. L’image évoque un animal blindé aussi lourd qu’un éléphant d’Afrique adulte. Une telle solidité osseuse n’avait jamais été observée chez les ornithischiens.
Malgré des caractéristiques parlantes, les chercheurs peinent encore à attribuer ce géant à une espèce précise
Ces fossiles proviennent de la célèbre formation géologique de Morrison. Ce gisement a déjà livré de nombreux dinosaures emblématiques. Pourtant, l’équipe ne peut toujours pas déterminer l’espèce avec certitude. Les fragments disponibles restent insuffisants pour conclure.
L’anatomie présente néanmoins des traits caractéristiques du groupe. La forme en haltère visible de face est bien identifiée. Une crête marquée destinée aux muscles de l’épaule renforce aussi cette attribution. Ces éléments morphologiques déterminants pointent clairement vers les stégosaures.
Il pourrait s’agir d’un Stegosaurus ou d’un proche parent comme Hesperosaurus. La fragmentation avancée du squelette freine cependant toute affirmation définitive. Les chercheurs choisissent donc la prudence dans leur classification. Cette incertitude persistante laisse la question ouverte.
Cette redécouverte relance les débats sur la biologie des stégosaures et les limites encore inconnues de leur évolution
La découverte pose de nouvelles questions sur la biologie de ces dinosaures. Comment expliquer une taille aussi exceptionnelle ? Les ornithischiens atteignaient rarement de telles dimensions. Leur stratégie reposait plutôt sur des plaques et des piques défensives.
L’absence du reste du squelette limite fortement notre compréhension de son mode de vie. La fonction précise des plaques dorsales demeure inconnue. Jouaient-elles un rôle thermique ou social ? Ces structures osseuses emblématiques continuent d’intriguer les scientifiques.
Ce fossile souligne enfin l’importance majeure des collections muséales existantes. D’autres découvertes déterminantes y dorment peut-être encore. La paléontologie progresse aussi en revisitant l’existant. De nouvelles analyses à venir pourraient enrichir ce dossier.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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