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Alors que le pays compte désormais plus de cas de contamination que la Chine, le président semble réaliser petit à petit l’importance de l’épidémie, mais avec un vocabulaire qui laisse à désirer.

Les États-Unis sont désormais le pays le plus touché

Avec plus de 160 000 cas et près de 3 000 morts, les États-Unis conservent leur triste record de pays le plus touché par le Covid-19. La ville de New York est désormais l’épicentre de l’épidémie dans le pays, et compte plus de 36 000 cas et 790 morts. La ville est désormais en confinement, ce qui fait dire à une expatriée française au micro de RTL que « la ville qui ne dort jamais, dort 24h sur 24« . De même, environ 70 % des New-Yorkais respecteraient les mesures de confinement et de distanciation sociale.

À l’instar de la France, un hôpital de campagne a été installé en plein Central Park, afin de désengorger les hôpitaux. Le célèbre jardin public se trouve d’ailleurs juste en face d’un des hôpitaux du groupe Mount Sinai. Toutefois, cette installation n’est pas le fait des autorités publiques, mais d’une organisation humanitaire évangélique basée en Caroline du Nord, Samaritan’s Purse, ce qui pose la question du rôle de l’État dans la crise, et de la place qu’y occupe le privé, en particulier le privé religieux.

Pour faire face au manque de places dans les hôpitaux, un navire-hôpital militaire de 1 000 lits a débarqué dans le port de New York. Doté en plus de 12 blocs opératoires, il est arrivé lundi matin vers 10h30 (heure locale), tandis qu’un autre hôpital doit ouvrir dans le centre de conférence Javits Center à Manhattan afin d’y accueillir des malades qui ne sont pas touchés par le coronavirus.

La communication effarante de Donald Trump

Malgré tout cela, et alors que l’épidémie s’empare de nombreux États américains comme la Louisiane et la Californie, le président ne semble toujours pas prendre pleinement la mesure des enjeux liés à la maladie. Après avoir affirmé qu’il « serait bien que l’économie rouvre pour Pâques », ou qu’on « ne va pas arrêter l’économie pour sauver des personnes âgées », il a maintenant tenu des propos assez surprenants sur le nombre de morts attendus. Après avoir affirmé que des projections estimaient le nombre de morts à 2.2 millions, il a ensuite dit que « si on arrive à baisser ce chiffre à 100 000, on aura fait du très bon travail ». Il a également trouvé le temps de tweeter que ses conférences de presse faisaient « plus d’audiences que le dernier épisode du Bachelor« . L’homme le plus puissant du monde semble également avoir du mal à respecter les gestes barrières puisque, lors de la signature d’un plan de relance pour l’économie, il a transmis au moins 15 stylos de main à main sans respecter aucune distance de sécurité.

Les États-Unis ne semblent pas du tout tirés d’affaire avec le coronavirus. Les théories du complot explosent, d’ailleurs Trump en est un grand adepte. Ainsi, Alex Jones, du site complotiste InfoWars, qui invitait souvent Donald Trump dans ses émissions, affirmait que le virus était une « arme biologique » venant de Chine pour déstabiliser l’actuel gouvernement américain, le tout en vantant un dentifrice qui serait efficace contre le virus. Autres programmes qui explosent, ceux des télévangélistes (des pasteurs évangélistes faisant l’essentiel de leurs sermons à la télévision) qui prétendent guérir les fidèles du coronavirus à travers l’écran. Le Texan Kenneth Copeland en est l’un des plus suivis, et il n’hésitait pas à invoquer Dieu pour faire sortir le virus des États-Unis, en disant à ses fidèles qu’ils seraient guéris en touchant l’écran (en appelant aux dons pour son église entre deux « exorcismes »).

Comme il l’a déjà prouvé à de multiples reprises, Donald Trump ne semble guère préoccupé par les millions de vies dont il a la charge. Ce qui l’intéresse le plus, à en croire ses propos, c’est l’économie et sa réélection.

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