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La découverte d’un cousin canadien du T. rex bouleverse notre vision de l’évolution des tyrannosaures

T. solumons vivait il y a environ 77 millions d’années

tyrannosaure
— DM7 / Shutterstock.com

L’examen de restes fossilisés de tyrannosaure mis au jour au Canada a révélé des caractéristiques propres aux deux sous-familles de ces redoutables prédateurs préhistoriques, bouleversant notre vision de leur évolution.

Tromerosaurus solumons

La famille des Tyrannosauridae se divise en deux branches évolutives : les tyrannosaurinés, reptiles géants aux corps trapus et aux crânes massifs incluant le célèbre T. rex, et les albertosaurinés, à la silhouette plus élancée. Découverts dans le sud de l’Alberta, les fossiles de la nouvelle espèce présentaient des similitudes troublantes avec les ossements de différents représentants de ces deux sous-familles.

Récemment, Mark Powers et ses collègues ont procédé à une nouvelle comparaison approfondie des restes fossilisés de l’ancien géant, révélant notamment un orifice à l’avant de sa mâchoire supérieure semblable à celui documenté chez le tyrannosauriné Daspletosaurus, et une structure des sinus proche de celle du Gorgosaurus libratus, un albertosauriné.

L’équipe l’a baptisé Tromerosaurus solumons, avec un nom de genre signifiant « lézard effrayant » et une épithète faisant référence à l’antre du dragon Smaug, au cœur de l’intrigue du Hobbit de J. R. R. Tolkien.

Les datations réalisées indiquent que ce prédateur géant vivait dans ce qui est aujourd’hui l’ouest du Canada il y a environ 77 millions d’années. Mesurant environ 8 mètres de long à l’âge adulte, T. solumons se distinguait essentiellement par ses pattes allongées. Les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Vertebrate Paleontology, le classent comme un albertosauriné précoce.

Implications paléontologiques

Dans l’ensemble, ces découvertes illustrent la diversité longtemps sous-estimée des tyrannosaures et remettent en question l’idée d’une évolution progressive vers le Tyrannosaurus rex, qui aurait constitué une sorte d’aboutissement.

« Cela suggère que plusieurs lignées de tyrannosaures ont perduré jusqu’à la fin du Crétacé », estime Powers.

Si la découverte de restes d’albertosaurinés dans des roches encore plus anciennes pourrait contribuer à préciser leur trajectoire évolutive, certains, attribués à tort à des tyrannosaurinés, pourraient se cacher dans les collections de musées.

Il y a deux ans, une nouvelle espèce de tyrannosaure vivant il y a 69 millions d’années avait été mise au jour en Chine.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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