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Des découvertes révèlent les conditions de travail brutales des esclaves de l’ancienne Égypte

Un aperçu édifiant de leur quotidien

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Image d’illustration — hemro / Shutterstock.com

Les fouilles d’une ancienne mine d’or égyptienne indiquent qu’une partie des individus qui travaillaient sur le site étaient enchaînés, offrant un aperçu édifiant de leur quotidien.

L’ancienne mine d’or de Ghozza

Bérangère Redon, auteure de la nouvelle étude, explique que l’extraction de l’or s’est intensifiée durant la période ptolémaïque (305 à 30 avant notre ère), durant laquelle l’Égypte était dirigée par des rois descendant du général d’Alexandre le Grand, Ptolémée Ier. On estime que plus d’une quarantaine de mines ont été ouvertes lors de son règne fondateur, principalement afin de financer ses campagnes militaires en Méditerranée et la construction d’édifices monumentaux à Alexandrie.

Proche de l’ancien village de Ghozza, la plus septentrionale a été exploitée pendant la seconde moitié du troisième siècle avant notre ère. La mise au jour de centaines de tessons de poterie (appelés ostraca), indiquant que les mineurs percevaient un salaire, et l’absence de bâtiments gardés avaient suggéré qu’il s’agissait essentiellement de travailleurs libres.

Début 2023, les fouilles de l’un des entrepôts du site ont contribué à brosser un tableau différent, avec la découverte de deux ensembles de chaînes en fer. Le premier se composait de sept anneaux reliés par des liens rigides, et le second de fragments épars.

Selon Redon, ces entraves n’étaient pas destinées au bétail (pour lequel l’utilisation de cordes était privilégiée), mais à des chevilles humaines. « Marcher avec elles aurait été épuisant, principalement en raison de leur poids », souligne-t-elle.

Travaux forcés

Il ne s’agit pas des seuls témoignages historiques de travaux forcés dans les mines d’or égyptiennes. Au second siècle avant notre ère, le grammairien et géographe grec Agatharchide de Cnide évoquait des esclaves « nombreux et aux pieds liés, travaillant sans relâche, le jour comme la nuit ».

« Derrière les richesses de l’ancienne Égypte se cache une histoire d’exploitation [de la main d’oeuvre] », conclut l’étude, publiée dans la revue Antiquity. « L’or extrait de ces mines a contribué à financer les projets ambitieux des souverains égyptiens, avec un coût humain important. »

En 2022, une étude avait suggéré que les esclaves égyptiens étaient marqués au fer rouge.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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