Inoui pour la médecine : la première greffe de poumons cultivés en laboratoire est un vrai succès

Pourra-t-on bientôt fabriquer des poumons humains en laboratoire ? C’est ce que semble révéler des chercheurs de l’Université du Texas dans un article publié dans la revue Science Translational Medicine. Ces derniers sont efficacement parvenus à greffer des poumons transgéniques sur des porcs. Une avancée décisive pour la bio-ingénierie qui permettra surement, dans un futur plus proche que jamais, d’effectuer des greffes d’organes fabriqués à partir de l’ADN même du receveur. 

Le déroulé de l’expérience

Pour mettre au point ces poumons transgéniques, les chercheurs de l’Université du Texas  ont d’abord créé quatre « échafaudages » ou supports pulmonaires. Cela fait suite à un procédé dit de « décellularisation » : l’organe est traité avec une solution chimique (mélange de sucre et de détergent) pour éliminer toutes les cellules d’origine et ne garder que la structure de protéines (le dit échafaudage) qui constitue le squelette des poumons. Une fois la technique appliquée, les chercheurs ont ensuite plongé chaque poumon dans un réservoir individuel contenant un mélange de nutriments, puis y ont ajouté des cellules provenant des poumons des porcs receveurs. Ils ont laissé les poumons cultivés en laboratoire se régénérer pendant un mois. Enfin, dernière étape : ils ont transplanté les quatre poumons dans les quatre cochons receveurs, comme l’explique l’étude.

Et les résultats se sont avérés plus que prometteurs, puisqu’en l’espace de deux semaines, les poumons transplantés avaient déjà commencé à rétablir les réseaux de vaisseaux sanguins nécessaires au bon fonctionnement des poumons. A noter qu’après deux mois d’observation, les chercheurs n’ont trouvé aucun signe de dysfonctionnement chez les animaux ayant reçu les nouveaux poumons. Reste-t-il à observer la durabilité de ces organes transgéniques.

Un enjeu majeur pour la santé mondiale

Les organes transgéniques constituent surement un des principaux enjeux bioéthiques de la médecine moderne. Le nombre de donneurs a toujours été bien moindre par rapport au nombre de receveurs, sans compter les risques que peuvent comprendre une greffe d’organe. Or la transplantation de poumons transgéniques sur des porcs mis au point par ces chercheurs de l’Université du Texas conforte la possibilité de créer des organes à partir des cellules du receveur.

Cela aurait une double conséquence puisque dans un premier temps, il y aurait moins de risques que le receveur rejette l’organe greffé ; et cela réglerait peut-être le problème du manque de donneurs, sachant 400 000 personnes décèdent chaque année aux Etats-Unis suite à une maladie pulmonaire, qui demeure la troisième cause mondiale de décès. Affaire à suivre donc.


Se vouloir libre, c’est aussi vouloir les autres libres.

— Simone de Beauvoir