
C’est une nouvelle percée dans le domaine du « pharming ». Grâce à l’édition génétique, des chercheurs sont parvenus à produire cinq substances psychédéliques à partir de plants de tabac.
Agro-infiltration
Ces dernières années, l’utilisation des psychédéliques à des fins thérapeutiques n’a cessé de gagner en popularité. La culture et la récolte des organismes ou végétaux les produisant naturellement étant loin d’être durable et leur synthèse en laboratoire assez coûteuse, des chercheurs israéliens se sont tournés vers la modification génétique et les plants de tabac (Nicotiana benthamiana) afin de les obtenir expérimentalement sous serre.
Asaph Aharoni, de l’Institut Weizmann des sciences, et ses collègues ont privilégié l’agro-infiltration. Une méthode consistant à utiliser une bactérie pour introduire des gènes provenant d’autres organismes. Pendant une durée limitée, la plante cible produit les protéines codées par ces gènes.
Au total, l’équipe en a incorporé neuf différents, permettant à N. benthamiana de produire de la psilocine et de la psilocybine, trouvées dans les champignons hallucinogènes, du DMT, de la bufoténine et du 5-méthoxy-DMT, naturellement sécrétés par le crapaud du Colorado (Incilius alvarius).
S’il est possible d’intégrer directement des séquences d’ADN au génome de la plante, alors à même de transmettre les modifications à sa descendance, le fait que les composés psychédéliques soient également utilisés à des fins récréatives s’avère dans ce cas problématique. « Les graines seraient alors très recherchées », notent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances.

« Pharming »
L’idée de cultiver des molécules pharmaceutiques n’est pas nouvelle. Dès 2002, une équipe avait modifié génétiquement des plants de maïs à cette fin, et deux décennies plus tard, des chercheurs sont parvenus à produire de faibles quantités de cocaïne (environ 25 fois moins qu’un plant de coca) à partir de plants de tabac.
Comme le rappelle Rupert Fray, de l’université de Nottingham, environ un quart des médicaments sur ordonnance sont issus, en totalité ou partiellement, de plantes, ce qui illustre l’énorme potentiel de ces « usines vertes ».
L’an passé, une simple modification génétique avait permis d’obtenir des tomates et des aubergines bien plus grosses.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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