Imaginez : un steak de tricératops bien saignant ou une blanquette de stégosaure mijotée à souhait. Absurde ? Pas tant que ça. En étudiant leurs descendants modernes comme les oiseaux ou les crocodiles, la science tente aujourd’hui d’imaginer quel goût auraient eu ces géants préhistoriques.

Pourquoi la viande des dinosaures herbivores aurait probablement été savoureuse et proche du bœuf ou du cerf
Si vous avez déjà savouré un rôti de cerf ou une entrecôte de boeuf bien persillée, alors vous avez une idée du profil gustatif que certains dinosaures herbivores auraient pu offrir. Selon le paléontologue Steve Brusatte, la viande de ces créatures préhistoriques était probablement comestible, voire savoureuse, à condition de choisir les bons candidats.
Pourquoi ? Parce que, comme aujourd’hui, les herbivores accumulent des graisses tendres et ont une chair moins musquée. Un tricératops bien dodu ou un stégosaure confit à feu doux aurait donc pu faire des merveilles dans une cocotte. De quoi réconcilier science et gastronomie préhistorique.
Pourquoi la viande des grands carnivores comme le T. rex aurait été difficile à cuisiner et peu agréable à manger
Là, on entre dans une autre ligue. Si vous espériez croquer dans un filet de Tyrannosaurus rex comme dans un steak de wagyu, désillusion garantie. Les carnivores ont une viande plus dense, musclée à l’excès, avec une teneur élevée en myoglobine. Le résultat ? Une chair plus sombre, plus forte en goût, et pas forcément agréable.
Certains paléontologues comparent déjà le goût hypothétique du T. rex à celui du crocodile, mélange de poulet trop ferme et de poisson à l’arrière-goût marécageux. Bref, on est loin du filet mignon. Sans compter que cuisiner un prédateur de 6 tonnes poserait quelques petits défis logistiques…
Ce que nous apprennent les oiseaux toxiques : certains dinosaures auraient pu être dangereux à consommer
Attention cependant : même parmi les herbivores, tous les dinosaures n’étaient pas nécessairement bons à manger. Le cas du pitohui à capuchon, un oiseau toxique de Nouvelle-Guinée, montre que le régime alimentaire peut rendre une chair dangereuse. Il accumule une neurotoxine, la batrachotoxine, en consommant certains insectes.
Il est donc tout à fait plausible que des dinosaures ayant mangé des plantes ou des insectes vénéneux aient présenté un risque pour la santé. Une blanquette empoisonnée, ça calme l’appétit. Et bon courage pour identifier le coupable au fond de l’assiette si vous êtes au Jurassique.
Malgré les avancées scientifiques, nous ne goûterons jamais vraiment à la viande des dinosaures
Hélas (ou heureusement ?), tout cela reste pure théorie. Des chercheurs de la North Carolina State University ont bien retrouvé des protéines fossilisées dans des os de T. rex, voire des traces d’hémoglobine, mais ces molécules sont trop dégradées pour permettre la recréation d’une véritable viande.
Même dans les scénarios les plus optimistes, la résurrection de tissus comestibles reste un fantasme. Les cellules musculaires nécessaires à la texture, à la cuisson et à la saveur n’ont laissé aucune trace viable. Et sans elles, pas de steak, pas de ragoût, même pas un simple tartare.
L’ADN complet est irrécupérable. Même les meilleures techniques de séquençage génétique actuelles restent impuissantes face à des fragments aussi anciens. Pas de Jurassic BBQ à l’horizon, donc. En revanche, chaque fois que vous dégustez un bon poulet rôti, pensez à son héritage préhistorique. Vous mangez un descendant direct des dinosaures. Et ça, franchement, c’est déjà un peu magique, non ?
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
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