
Il y a un peu moins de deux décennies, une étude avait fait grand bruit en évoquant des serpents, pourtant dépourvus de pattes, droitiers. On revient aujourd’hui sur ce cas assez intrigant.
Des reptiles japonais amateurs d’escargots
Publiés dans la revue Biology Letters, ces travaux exploraient les habitudes alimentaires de l’espèce Pareas iwasakii. Un petit serpent endémique de l’archipel Yaeyama (au sud-ouest du Japon), présentant la particularité de se nourrir exclusivement d’escargots et de limaces.
L’examen aux rayons X des crânes de plusieurs de ces reptiles a révélé une asymétrie nette de la mâchoire, avec un côté droit comportant davantage de dents que le gauche. Celle-ci s’est avérée étroitement liée à leur régime alimentaire et la disponibilité de leurs proies.
Des expériences impliquant quatre P. iwasakii ont en effet montré qu’ils consommaient plus efficacement les gastéropodes dont la spirale de la coquille s’enroulait à droite (qui est la tendance dominante chez ces créatures).
Globalement, les reptiles nippons avaient besoin de moins de mouvements de mâchoire pour engloutir de telles proies. Lorsque la spirale des escargots s’enroulait à gauche, le processus devenait beaucoup plus laborieux, et il n’était pas rare que ces derniers parviennent à s’échapper.

Avantage(s) évolutif(s)
Si l’asymétrie observée chez P. iwasakii constitue un avantage évolutif, elle illustre également l’influence de l’orientation de la spirale de la coquille des gastéropodes sur leurs chances de survie.
En 2006, les stigmates observés sur celles d’escargots préhistoriques avaient indiqué que les spécimens « gauchers » étaient plus susceptibles d’échapper aux espèces de crabes les ciblant.
Chez les chats et les chiens, on suppose que la latéralité est étroitement liée au sexe.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: évolution, serpent, escargot
Catégories: Animaux & Végétaux, Articles