
Survenu en 2011, le « séisme de Tōhoku » a engendré un tsunami monstrueux, à l’origine de milliers de morts et de la destruction de la centrale nucléaire de Fukushima. Grâce à un forage record, des chercheurs ont récemment pu reconstituer sa « mécanique » inhabituelle.
Lubrifiant sismique
D’une magnitude de 9,1, cet évènement catastrophique est considéré comme le quatrième tremblement de terre le plus puissant depuis le début de relevés sismologiques. Il s’est produit dans la fosse du Japon : une zone de subduction majeure au large de la côte est du pays, où la plaque tectonique pacifique glisse sous la plaque d’Okhotsk (associée à la plaque nord-américaine).
Dans le cas du séisme de Tōhoku, les chercheurs ont découvert que la couche de roche de 30 mètres d’épaisseur située entre deux les plaques n’était pas solide mais molle et glissante. Résultat : au lieu d’agir comme un frein, elle s’est comportée comme un « lubrifiant sismique », qui a amplifié leur mouvement.
L’analyse d’échantillons de sédiments, prélevés à 7 906 mètres de profondeur par le navire de forage ultra-moderne Chikyū, a révélé qu’il s’agissait essentiellement d’argile pélagique, s’étant accumulé à l’échelle de millions d’années.
Since 2011, scientists have been puzzled about the force resulting from a gigantic earthquake and tsunami that destroyed, among other things, Japan's…https://t.co/Fk3Af1xckR pic.twitter.com/M2XqT7pSx5
— New Atlas (@nwtls) December 23, 2025
Ce « glissement superficiel » de 50 à 70 mètres a déplacé des sections importantes du fond marin et provoqué des ondes de choc et un tsunami monstrueux. On estime que l’île de Honshu s’est décalée de 2,4 mètres vers l’est, et l’axe de la Terre d’environ 10 à 25 centimètres. Ce qui s’est traduit par une augmentation de sa vitesse de rotation, à l’origine d’un raccourcissement des jours d’environ 1,8 microseconde.
Un forage scientifique record
Comme le révèle l’étude, publiée dans la revue Science, il s’agit du forage scientifique le plus profond jamais réalisé, ainsi que le premier à atteindre la zone de faille d’un méga-séisme récent.
Selon l’équipe, ces nouvelles découvertes vont permettre d’affiner nos modèles, et ainsi mieux prévoir les séismes au large des côtes japonaises. « Une meilleure compréhension des mécanismes à l’œuvre dans ce type de zones a également des implications pour d’autres communautés côtières », conclut Patrick Fulton, de l’université Cornell.
En septembre, des chercheurs avaient identifié la cause du dramatique tremblement de terre de Lisbonne, en 1755.
Par Yann Contegat, le
Source: New Atlas
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