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Inattendu : une seconde paire d’yeux découverte chez les tout premiers vertébrés

Ces découvertes contribuent à éclairer les premières étapes de leur évolution

En examinant les fossiles de certains des premiers vertébrés connus, apparus au Cambrien, des chercheurs ont identifié une seconde paire d’yeux, contribuant à éclairer leur évolution.

Entre quatre yeux

Ces témoignages fossiles remarquables ont été exhumés des gisements de Kunming, dans le sud-ouest de la Chine. Un examen approfondi a révélé qu’ils appartenaient à deux espèces de myllokunmingidés, apparus il y a environ 518 millions d’années et comptant parmi les plus anciens vertébrés connus.

Décrits comme remarquablement bien conservés, ceux-ci présentaient quatre taches sombres au niveau de la face. Les chercheurs avaient précédemment interprété les deux plus grandes et externes comme des yeux, tandis que la paire interne semblait correspondre à des capsules nasales. Une hypothèse débattue, étant donné que les autres vertébrés cambriens connus possédaient généralement une narine unique.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Nature, Jakob Vinther, de l’université de Bristol, et ses collègues ont utilisé la microscopie électronique pour établir la véritable nature de ces structures, qui se sont révélées renfermer des mélanosomes, organites contenant la mélanine, pigment absorbant la lumière. L’identification de ce que Vinther décrit comme un « cristallin primitif » corrobore la piste d’yeux supplémentaires.

« Il est assez fascinant d’imaginer que ces créatures, qui évoluaient dans les océans il y a un demi-milliard d’années, disposaient de quatre yeux pour percevoir le monde, ce qui leur aurait offert un champ de vision nettement plus large », note l’équipe. « Jusqu’à présent, les plus anciens exemples de mélanosomes fossilisés remontaient au Carbonifère, il y a environ 300 millions d’années. »

— © Ryan Somma / Wikimedia Commons

Des implications profondes

Comme le souligne Elias Warshaw, de l’University College de Londres, ces découvertes contribuent à éclairer les premières étapes de l’évolution des vertébrés.

Elles renforcent notamment l’idée qu’ils se trouvaient au bas de la chaîne alimentaire, et utilisaient ces « mirettes » supplémentaires pour identifier rapidement d’éventuelles menaces.

Au fil du temps, ces organismes filtreurs ont évolué vers le carnivorisme, et l’équipe suppose que cette seconde paire d’yeux pourrait être à l’origine de la glande pinéale, petite structure cérébrale impliquée dans la production de mélatonine et la régulation du sommeil, que Descartes pensait être le siège de l’âme.

Par Yann Contegat, le

Source: New Atlas

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