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Une récente étude montre que les biais sexistes lors de l’élaboration des essais cliniques ont des incidences sur la prise de médicaments des femmes. En effet, celles-ci sont plus sujettes aux effets secondaires indésirables.

Des essais clinique menés majoritairement sur des hommes

Les femmes subiraient environ deux fois plus que les hommes les effets secondaires suite à la prise de médicaments. En effet, une récente étude américaine datant de juin dernier a été publiée dans Biology of Sex Differences. La principale raison serait due au fait que les essais cliniques sont majoritairement menés sur des hommes. 

Historiquement, les femmes étaient généralement exclues des essais cliniques pharmaceutiques car elles présentaient des risques en étant des personnes en âge de procréer. Une croyance populaire qui est aujourd’hui bien discréditée a également contribué à cet oubli,  selon laquelle une étude sur les hommes vaut sans modifications aux femmes. 

Ces effets indésirables après la prise de médicaments comprennent “les nausées, les maux de tête, la somnolence, la dépression, le gain de poids excessif, les déficits cognitifs, les convulsions, les hallucinations, l’agitation et les anomalies cardiaques”, cette liste n’étant pas exhaustive. 

Des médicaments pas adaptés aux femmes

Le principal problème qui se pose est que la plupart des médicaments sont prescrits à la même dose, sans différence, aux hommes et aux femmes. Alors, qu’une grande majorité des médicaments actuellement sur le marché ont été approuvés suite à des essais cliniques menés sur les hommes.

L’étude cherche à savoir si la différence des sexes dans la pharmacocinétique des médicaments, c’est-à-dire l’étude du devenir du médicament dans l’organisme, a un lien avec l’apparition d’effets secondaires. En effet, c’est ce facteur qui influe sur l’apparition des effets secondaires, plutôt que le poids ou la corpulence par exemple.

Sur les 86 médicaments évalués, et approuvés par la Food and Drugs Administration (administration qui autorise la commercialisation des médicaments aux États-Unie), 76 présentaient des valeurs pharmacocinétiques plus élevées chez les femmes. En effet, des concentrations sanguines élevées étaient observées chez les femmes, ainsi que des temps d’élimination plus longs. Ces observations sont intimement liées aux différences entre les sexes, dans l’apparition des effets secondaires. 

Une source de danger ?

Cette situation est très répandue : « La négligence des femmes est très répandue, même dans les études sur les cellules et les animaux où les sujets ont été majoritairement masculins », explique Irving Zucker, directeur de cette étude. Les médicaments conçus sur le principe du dosage unique, efficace sur les hommes, porte ainsi préjudice aux femmes.

Cette pratique de la même dose devient ainsi problématique dans la mesure où la différence entre les sexes est négligée que ce soit au niveau de la pharmacocinétique ou du dismorphisme dans le poids corporel. Le risque est alors une surmédication et l’apparition d’effets secondaires et de réactions indésirables “sur les femmes spécifiquement”. 

Pour contrer ce biais, les chercheurs recommandent une réduction des doses fondée sur des données scientifiques probantes. 

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