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C’est confirmé : l’astéroïde Ryugu renferme tous les ingrédients essentiels à la vie

De telles découvertes renforcent l’idée que les roches spatiales aient permis son apparition

Cliché de l’astéroïde Ryugu capturé par la sonde spatiale Hayabusa 2 — © ISAS / JAXA / CC BY-SA 4.0

L’examen d’échantillons de l’astéroïde Ryugu a révélé la présence des cinq constituants principaux de l’ADN et de l’ARN, renforçant l’idée que des roches spatiales aient contribué à l’émergence de la vie sur Terre.

Les cinq bases nucléiques primaires

En 2018, la sonde japonaise Hayabusa 2 atteignait l’astéroïde Ryugu, mesurant environ 900 mètres de diamètre et se trouvant alors à environ 300 millions de kilomètres de nous. Une fois à proximité, elle a tiré deux projectiles, dont l’impact a libéré des débris de différentes tailles. Les plus petits ont été prélevés puis ramenés sur Terre, où ils sont étudiés depuis 2020.

Leur analyse implique des techniques de spectrométrie extrêmement sensibles, capables de détecter d’infimes signatures organiques. En plus de révéler la présence des blocs constitutifs de la vie, elles permettent d’estimer leur abondance relative et leur distribution entre les différentes couches de l’astéroïde, offrant ainsi un aperçu précieux des processus intervenus dans le Système solaire primitif.

Récemment, Yasuhiro Oba, de l’université d’Hokkaido, et ses collègues ont examiné deux fragments, provenant respectivement de la surface de l’astéroïde et d’une couche sous-jacente. Dans les deux cas, l’équipe a trouvé les cinq bases nucléiques primaires, qui forment l’ADN et l’ARN lorsqu’elles se combinent avec des sucres et de l’acide phosphorique.

Ce n’est pas la première fois que de tels éléments sont découverts dans des roches spatiales : précédemment, ils avaient été identifiés dans des météorites, ainsi que dans des échantillons provenant de l’astéroïde Bennu, corps carboné d’environ 500 mètres de diamètre, exploré de près par la mission américaine OSIRIS-REx.

Bennu — © NASA’s Marshall Space Flight Center / Flickr

De vastes implications

Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Astronomy, ces nouvelles découvertes renforcent l’idée que les bases nucléiques sont répandues dans le Système solaire.

Les comparaisons de leurs concentrations pourraient notamment permettre de retracer l’origine des astéroïdes et des météorites jusqu’à leurs corps parents, dont ils se sont détachés il y a des milliards d’années.

« Il est possible que Ryugu et d’autres corps similaires contiennent directement de l’ADN et de l’ARN, et pas seulement leurs principaux constituants », estime Oba. « La découverte de molécules organiques plus complexes, telles que les acides nucléiques, illustrerait leur importance pour l’émergence de la vie sur Terre. »

En début d’année, James-Webb avait détecté dans la nébuleuse d’Orion une molécule considérée comme essentielle à la chimie du vivant.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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