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Le vin est un délicieux breuvage grandement apprécié par un grand nombre de gens. Il s’avère que cette boisson contient une substance appelée resvératrol. C’est un composé végétal également présent dans le chocolat, les cacahuètes, les myrtilles et le raisin, et il pourrait constituer un excellent complément pour les futurs astronautes qui souhaitent préserver leur santé osseuse et musculaire après avoir quitté la gravité de la Terre pour rejoindre Mars.

Une étude des chercheurs de Harvard publiée dans Frontiers in Physiology a rapporté que le resvératrol, un composé de myrtilles et de la peau du raisin – et, par extension, du vin rouge – pourrait préserver la masse musculaire et la force contre la gravité réduite sur Mars. Il est à noter que des études sont également menées pour étudier les possibilités d’usage du resvératrol pour la lutte contre le cancer et pour l’augmentation de la longévité.

Du vin rouge © Pexels

La cause des pertes osseuses et musculaires dans l’espace

Quand le corps n’est pas soumis à la gravité, les muscles et les os s’affaiblissent. Les muscles qui portent des charges sont les premiers et les plus touchés, comme le muscle soléaire du mollet. « Après seulement trois semaines dans l’espace, le muscle soléaire humain diminue d’un tiers », a expliqué la docteure Marie Mortreux, auteure principale de l’étude financée par la NASA. « Cela s’accompagne d’une perte de fibres musculaires à contraction lente, indispensables à l’endurance », a-t-elle ajouté.

Il faut savoir que l’attraction gravitationnelle de la planète Mars est 40 % moins importante que celle de la Terre. Pour y faire face, faire beaucoup d’exercice est devenu un élément important de la vie des astronautes de la Station spatiale internationale et autres missions en dehors de la zone soumise à la gravité terrestre. Selon cette nouvelle étude, l’alimentation et les suppléments pourraient également être essentiels pour lutter contre les défis de l’apesanteur.

Un rat © Pixabay

L’expérience sur le resvératrol

L’équipe de chercheurs s’est donc efforcée de déterminer dans quelle mesure le resvératrol pourrait réduire les effets d’une gravité faible sur les muscles des rats. Pour imiter cet environnement surnaturel dans le laboratoire, l’équipe a équipé 24 rats mâles d’un harnais qui les suspendait par une chaîne au plafond de leurs cages. En utilisant cette technique, certains rats ont connu une gravité équivalente à celle de Mars, alors qu’un groupe témoin était soumis à une gravité terrestre normale.

Dans chacun de ces groupes, la moitié des rats a bu de l’eau normale, tandis que l’autre moitié a été abreuvée de 150 mg de resvératrol par kilogramme par jour, mélangé à de l’eau. Tous les rats ont été nourris de la même façon avec la même alimentation. L’expérience a duré deux semaines. Une fois par semaine, les rats ont été pesés et la circonférence de leur mollet a été mesurée. Il en va de même de la force de préhension des pattes avant et arrière. Après la période de 14 jours, les muscles de leurs mollets ont été analysés plus en profondeur.

Les résultats ont été impressionnants. Comme on pouvait s’y attendre, les rats soumis à une gravité faible étaient affaiblis, avaient des tours de mollets réduits, et avaient un poids musculaire plus faible. Cependant, la supplémentation en resvératrol a presque entièrement sauvé les capacités musculaires des rats soumis à une gravité martienne qui en ont consommé. De plus, le resvératrol a protégé la masse musculaire de ces rats. La protection n’était toutefois pas complète. Cela n’a pas complètement préservé la circonférence du mollet chez les rats.

Des recherches plus approfondies sur le resvératrol

La Dre Mortreux a également expliqué que le traitement au resvératrol favorisait la croissance musculaire chez les animaux diabétiques en augmentant la sensibilité à l’insuline et l’absorption de glucose dans les fibres musculaires. Cette interaction entre le resvératrol et le diabète représente également un élément pertinent pour aider les astronautes dans la mesure où ces derniers développent une sensibilité réduite à l’insuline pendant un vol spatial. Plus de recherches devront également être réalisées à ce sujet.

« Des études futures devront examiner les mécanismes impliqués dans le résultat de cette expérience et examiner les effets de différentes doses de resvératrol chez les hommes et les femmes », a déclaré Mortreux. « Il sera également essentiel de s’assurer qu’il n’y ait pas d’interactions potentiellement nocives entre le resvératrol et les autres composés que les astronautes prennent lors de missions spatiales », a-t-elle ajouté.

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