L’hippocampe mâle, le papa le plus dévoué du règne animal

L’hippocampe mâle, le papa le plus dévoué du règne animal

Chez les hippocampes, ces étonnants poissons dont le profil nous évoque celui d’un cheval, c’est le mâle qui reçoit toutes les responsabilités parentales puisqu’il est chargé de porter la progéniture dans sa poche ventrale pendant les quelques semaines de gestation.

 

LES HIPPOCAMPES, DES POISSONS HORS DU COMMUN

50 ESPÈCES DIFFÉRENTES SE RÉPARTISSENT PARTOUT DANS LE MONDE

Les hippocampes, ou chevaux de mer, sont des animaux remarquables qui émerveillent les scientifiques. Ces poissons des eaux tempérées ou tropicales possèdent une tête et un cou évoquant ceux du cheval à qui ils doivent leur nom. 50 espèces différentes se répartissent partout dans le monde selon le World Register of Marine Species. Ils vivent 2 à 4 ans et leur taille varie de seulement 22 mm à 36 cm pour les plus grands.

Leur queue préhensile leur permet de s’accrocher aux supports variés des fonds marins comme les algues ou les coraux. Ainsi, les hippocampes se déplacent en ondulant lentement et en cherchant des points d’ancrage. Ils possèdent des nageoires presque transparentes et difficilement observables qui leur permettent de se déplacer d’un point d’ancrage à un autre lorsque aucun support ne leur permet de se propulser.

Ils mangent de petits crustacés qu’ils guettent, camouflés dans les algues et les plantes aquatiques, et qu’ils aspirent grâce à leur bouche en forme de pipette. Etant donné la petite taille des proies qu’ils absorbent, les hippocampes passent beaucoup de temps à rechercher de la nourriture.

 

CHEZ LES HIPPOCAMPES, LES TRÈS NOMBREUX ŒUFS SONT PORTÉS PAR LE MÂLE DANS SA POCHE VENTRALE

La reproduction des hippocampes sort de l’ordinaire puisque c’est le mâle qui reçoit toutes les responsabilités en portant la progéniture. Le mâle possède en effet une poche ventrale dans laquelle il peut recevoir les œufs de la femelle, après parade et accouplement.

Au moment de la parade, les hippocampes entament une danse d’une extrême lenteur. Ils montent, descendent, s’arrêtent et repartent, tournent… Le mâle prépare sa poche et impressionne la femelle en changeant de couleur.

La femelle, appréciant ses efforts, enlace le mâle et introduit son ovipositeur dans la poche dilatée de son partenaire pour pondre. Le mâle reçoit ainsi, en 30 à 60 secondes, 100 à 200 ovocytes. L’opération peut se reproduire jusqu’à trois fois de suite ! La femelle peut aller se reposer tandis que le mâle est chargé d’assurer la survie de la progéniture.

Parfois une autre femelle peut venir compléter la ponte, si le nombre d’œuf de la première est insuffisant. Inversement, si le nombre d’œufs de la femelle est trop important, elle s’accouplera avec plusieurs mâles.

 

DES MÂLES AUX LOURDES RESPONSABILITÉS PARENTALES

Une membrane referme la poche incubatrice du mâle, ne laissant subsister qu’une très petite ouverture. Les ovocytes sont immédiatement fécondés dans les voies génitales du mâle pour devenir des œufs d’environ 0.5 à 3 mm, isolés les uns de autres dans de petites alvéoles protectrices. Ces alvéoles sont vascularisées et forment une sorte de placenta apportant oxygène et nutriments aux embryons.

L’incubation dure environ 2 à 3 semaines, durant lesquelles la poche du mâle devient de plus en plus grosse et de plus en plus foncée. Le nombre d’œufs qu’un mâle peut porter dépend de l’espèce : de quelques dizaines à 650 ! L’éclosion des œufs a lieu au sein de la poche incubatrice, où les embryons restent pendant leur développement et jusqu’à la naissance.

 

UNE MISE-BAS ÉPUISANTE POUR LE PAPA

Le comportement du mâle change juste avant la mise-bas. Il respire plus vite et plus fort et, chose étonnante, il peut changer de couleur ! Souvent, il s’accroche a un support ou se couche sur le fond marin.

Les contractions démarrent et deviennent de plus en plus violentes. Tout le corps de l’animal est secoué ! La mise au monde de la progéniture est impressionnante puisque les petits sont littéralement expulsés de la poche ventrale. Les petits sont éjectés par groupes sous l’effet des contractions. Il est rare qu’ils soient éjectés tous en même temps ou isolément.

Les contractions durent ensuite jusqu’à résorption de la poche. La mise-bas est épuisante pour le mâle. Pourtant, presque immédiatement après la mise-bas, une nouvelle gestation peut démarrer. La femelle vient déposer de nouveaux ovocytes dans la poche du mâle, fraîchement libérée de tous leurs bébés !

 

DES PETITS DE QUELQUES MILLIMÈTRES

Les petits, minuscules, mesurent 5 à 16 mm à la naissance et sont légèrement translucides. Ils sont totalement indépendants de leurs parents. A la recherche de lumière, ils se regroupent en surface, en s’accrochant à une algue par la queue et deviennent des proies faciles pour les prédateurs. Ils peuvent aussi s’accrocher les uns aux autres, formant des pelotes qui peuvent s’avérer fatales s’ils ne se libèrent pas rapidement.

De par la petite taille de leur bouche, ils ne se nourrissent que de proies suffisamment petites, ce qui limite beaucoup les possibilités. D’autant plus qu’ils se déplacent difficilement. Leur survie dépend donc de leur capacité à trouver de la nourriture adaptée.

Ils grandissent rapidement, de 2 mm par semaine, avant d’atteindre leur taille adulte. Au bout de quelques jours ils se tiennent à la verticale et leur corps commence à se pigmenter. La maturité sexuelle est atteinte entre le 5e et le 8e mois. Les mâles connaîtront à leur tour les joies des responsabilités parentales.

Si les hippocampes sont présents dans tous les océans du globe et sont les rois du camouflage, ils n’en sont pas moins la cible de nombreux prédateurs. L’homme est également une menace pour les hippocampes qui tendent à disparaître de leur habitat naturel à cause des pollutions et des nombreuses captures pour les aquariums ou pour la fabrication de produits aux vertus aphrodisiaques.

Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux