Sous un ancien volcan du sud de la Norvège, un gisement colossal de terres rares vient d’être réévalué à près de 16 millions de tonnes. Une découverte stratégique pour l’Europe, qui cherche à sécuriser l’accès à ces métaux indispensables aux technologies modernes et à la transition énergétique.

Dans le sud de la Norvège, un ancien volcan révèle une réserve minérale stratégique pour l’Europe
Dans le comté de Telemark, à environ 150 kilomètres d’Oslo, le site de Fensfeltet intrigue les géologues depuis longtemps. En effet, cet ancien volcan cache un sous sol très riche en terres rares. Ces métaux jouent aujourd’hui un rôle clé dans l’électronique moderne et dans plusieurs technologies énergétiques.
Aujourd’hui, les nouvelles analyses changent complètement l’échelle du gisement. Les experts évoquent désormais près de 15,9 millions de tonnes d’oxydes de terres rares. Auparavant, les estimations parlaient d’environ 8,8 millions de tonnes. Ainsi, la réévaluation atteint près de 81 %, ce qui renforce le poids stratégique du site pour l’Europe.
Une réévaluation spectaculaire qui transforme une découverte prometteuse en actif minier majeur
Les géologues ont mené de nouvelles campagnes de forage et d’analyse sur le site. Grâce à ces données plus précises, ils comprennent mieux la structure géologique locale. Ainsi, plusieurs zones riches en néodyme et en praséodyme apparaissent clairement dans les relevés miniers.
Ces deux métaux forment ce que l’industrie appelle les NdPr. Dans le gisement norvégien, ils représentent environ 19 % des terres rares identifiées. Or ces éléments jouent un rôle essentiel dans les moteurs électriques, les éoliennes et de nombreux équipements électroniques.
Ainsi, plusieurs spécialistes européens du secteur minier considèrent désormais le projet comme majeur. Selon eux, la taille et la concentration du gisement pourraient transformer Fensfeltet en l’un des projets miniers stratégiques les plus importants d’Europe.
Terres rares et technologies vertes : pourquoi ces métaux sont devenus cruciaux aujourd’hui
Les terres rares regroupent 17 métaux différents utilisés dans de nombreuses industries. On les retrouve dans les smartphones, les batteries, les éoliennes ou encore certains systèmes de défense. Autrement dit, ces matériaux soutiennent déjà une grande partie de l’économie technologique mondiale.
Cependant, leur rôle devient encore plus important avec la transition énergétique. Les aimants fabriqués avec du néodyme et du praséodyme améliorent fortement le rendement des générateurs d’éoliennes. De plus, ils optimisent aussi le fonctionnement des moteurs électriques utilisés dans les véhicules modernes.
Ainsi, la demande mondiale progresse rapidement. Les grandes puissances cherchent donc à sécuriser leurs approvisionnements. Pour cette raison, ces métaux figurent désormais parmi les ressources critiques pour l’économie mondiale.
Réduire la dépendance européenne face à la Chine grâce au projet minier de Fensfeltet
Aujourd’hui, l’équilibre mondial reste très fragile. En effet, la Chine domine largement la production et le raffinage des terres rares. Elle contrôle près de 90 % de la chaîne d’approvisionnement mondiale. Par conséquent, l’Europe dépend fortement des importations pour alimenter ses industries.
Le projet minier de Fensfeltet pourrait toutefois modifier progressivement cette situation. L’entreprise Rare Earths Norway pilote actuellement le développement du site. Son objectif consiste à lancer l’exploitation industrielle au début de la prochaine décennie.
Si les autorités accordent les autorisations finales, l’extraction pourrait démarrer vers 2031. Ensuite, la production viserait environ 800 tonnes de NdPr dès 2032. Ce volume couvrirait près de 5 % de la demande européenne, ce qui renforcerait déjà l’autonomie stratégique du continent.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
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