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Une équipe de scientifiques de l’Institut national japonais des technologies de l’information et des communications (NICT) a établi un nouveau record de vitesse en matière de transmission de données à l’aide de câbles à fibres optiques décrits comme compatibles avec les infrastructures existantes.

Un débit vertigineux

Pour rappel, 1 pétabit équivaut à un million de gigabits, ce qui signifie que le débit atteint pour ce nouveau record s’avère environ 100 000 fois plus élevé que ceux auxquels peuvent actuellement prétendre les particuliers dans les régions du monde les mieux desservies. Même l’Agence spatiale américaine n’obtiendra « que » 400 Gb/s lorsque son réseau ESnet6 sera déployé en 2023. Selon l’équipe japonaise, à des vitesses de 1 Pb/s, on pourrait théoriquement diffuser simultanément 10 millions de flux vidéo avec une résolution de 8K.

Présenté à l’occasion de l’International Conference on Laser and Electro-Optics 2022, ce nouveau record a impliqué l’utilisation de plusieurs technologies émergentes. La fibre optique utilisée possédait quatre cœurs (les tubes de verre qui transmettent les signaux) au lieu d’un seul habituellement, tandis que la largeur de bande de transmission a été portée à un niveau record de 20 THz, grâce à une technologie appelée multiplexage par répartition en longueur d’onde (WDM).

Cette largeur de bande est constituée d’un total de 801 canaux de longueur d’onde répartis sur trois bandes : les bandes C et L couramment utilisées, ainsi que la bande expérimentale S. Grâce à différentes technologies d’amplification optique et de modulation du signal, l’équipe a atteint la vitesse record de 1,02 Pb/s, en envoyant des données à travers 51,7 km de câbles en fibre optique.

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Des avantages de taille

Ce n’est pas la première fois que les scientifiques du NTIC dépassent le seuil du pétabit pour la transmission de données. En décembre 2020, l’équipe avait établi un record de 1,01 Pb/s, en utilisant un câble à fibre optique à cœur unique et des données codées en 15 « modes ».

Cependant, aussi impressionnante soit cette prouesse, elle nécessitait un traitement complexe du signal pour décoder les données, ce qui signifiait que des circuits intégrés spécialisés devraient être développés et déployés pour qu’une telle technologie puisse un jour être utilisée à grande échelle.

La nouvelle approche s’avère non seulement plus rapide, mais présente également l’avantage de ne transmettre les données que dans un seul mode par cœur, pouvant être lues par les systèmes actuels. Mieux encore, le câble à fibres optiques à quatre cœurs possédant le même diamètre qu’un câble standard (0,125 mm), il devrait être compatible avec les infrastructures et les processus de fabrication existants.

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