
La Terre traverse depuis 34 millions d’années une ère glaciaire globale, en témoignent les épaisses calottes au niveau de ses pôles. Selon une nouvelle étude, le réchauffement climatique actuel va largement repousser sa prochaine phase froide.
Une phase froide enrayée par le réchauffement climatique
À de telles échelles de temps, il ne s’agit pas d’une glaciation continue et homogène : elle est entrecoupée de périodes nettement plus chaudes, dites interglaciaires. Si la dernière en date a débuté il y a environ 11 700 ans, de récents travaux situent le début d’une nouvelle phase de refroidissement il y a deux millénaires.
Pour parvenir à cette conclusion, des climatologues des universités de Columbia et du Colorado ont étudié des échantillons de roches ainsi que des restes végétaux préservés sous la calotte de Barnes. Située sur l’île canadienne de Baffin, elle constitue l’ultime vestige de la calotte laurentidienne, qui s’étendait du cercle polaire à l’Illinois il y a entre 95 000 et 20 000 ans.
Révélatrices de la durée d’exposition du substrat rocheux au rayonnement cosmique, les concentrations de béryllium-10 indiquent que la calotte de Barnes a atteint son étendue minimale il y a environ 3 600 ans, avant d’entamer une nouvelle phase d’expansion autour du Ier siècle de notre ère, stoppée durant la seconde moitié du XXe siècle.
L’équipe attribue son interruption à l’augmentation rapide des températures mondiales observée depuis soixante ans, conséquence directe des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. « C’est un exemple frappant de la façon dont nous avons perturbé cette mécanique planétaire », estime le géochimiste Nicolás Young.

Glaciation en suspens
D’après les calculs des auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Science, le changement climatique d’origine anthropique devrait retarder significativement la prochaine glaciation.
« Les humains sont désormais des agents géologiques capables de perturber des millions d’années de cycles glaciaires naturels et de modifier le climat terrestre pour les centaines de milliers à venir », écrivent-ils. « Ce report constitue une rupture majeure dans l’histoire géologique des deux derniers millions d’années, avec des répercussions sur les écosystèmes et les processus physiques qui ont évolué au rythme des glaciations. »
Pour le professeur Shaun Marcott, sa durée dépendra étroitement des mesures prises pour réduire les niveaux de gaz à effet de serre.
Précédemment, des scientifiques s’étaient penchés sur les causes de la Terre « boule de neige », il y a environ 700 millions d’années.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: réchauffement climatique, changement climatique, terre, ère glaciaire
Catégories: Écologie, Actualités