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L’une des capacités les plus surprenantes du lézard est le fait que si sa queue est coupée, elle est capable de repousser. Toutefois, ce processus était encore assez mystérieux. Une récente étude lève une partie du voile sur la mécanique de repousse et les conséquences d’un tel acte sur l’animal.

Les causes et les effets de la perte de la queue chez le lézard

L’autotomie est une capacité qui permet à certaines espèces de perdre volontairement une partie de leur corps en vue de la faire repousser. Cette dernière est très répandue chez les lézards et la majorité des espèces sont capables de faire repousser leur queue. Il existe cependant des exceptions comme le gecko à crête.

Mais d’après James Barr, un chercheur de l’université Curtin’s School of Molecular and Life Sciences, il existe différentes espèces de lézards qui s’auto-amputent la queue pour la faire repousser après. Ils utilisent ce mécanisme pour se défendre des prédateurs. En effet, même coupée, la queue peut encore bouger au sol pendant une demi-heure. Cela va distraire le prédateur et permettre au lézard de prendre la fuite. Cette faculté a d’ailleurs fait l’objet d’une étude publiée dans la revue Nature.

Selon le professeur Bill Bateman, l’étude s’est portée sur trois groupes d’Egernia kingii, grand lézard vivant au sud-ouest de l’Australie-Occidentale. Les scientifiques ont pu observer qu’au fur et à mesure que le lézard utilise ce mécanisme d’amputation, il doit le faire sur une plus grande partie de sa queue. Il devra alors dépenser plus d’énergie pour régénérer le membre amputé, ce qui peut considérablement l’affaiblir.

Comment fonctionne cette capacité ?

Quand le lézard fait pousser sa queue, elle n’est pas identique à celle qu’il possédait à l’origine. Au départ, la queue du lézard est constituée d’os. Or, si elle est coupée, l’animal n’est pas capable de générer des os : les parties remplacées sont alors faites de cartilage. La régénération de la queue va au propre rythme du lézard concerné. Elle peut durer deux mois ou s’étendre sur plus d’un an. Cela dépend de l’importance de la queue chez l’animal et de l’énergie qu’il peut y consacrer. S’il a des activités plus importantes à faire, il peut interrompre la régénération de sa queue pour consacrer son énergie à autre chose.

La régénération de la queue va aussi dépendre de facteurs indépendants : l’espèce du lézard, son état de santé, le degré de traumatisme de sa queue coupée… Un lézard qui a une espérance de vie assez longue donnera la priorité à la repousse de sa queue tandis qu’un lézard à courte durée de vie préférera utiliser son temps et son énergie à la reproduction.

DES GÈNES COMMUNS AUX LÉZARDS ET AUX HUMAINS ?

Selon les chercheurs, la régénération de la queue du lézard réside dans son ADN. Parmi les 23 000 gènes trouvés dans les queues coupées des lézards, 326 d’entre eux ont été activés pendant la régénération. Selon le Dr Kenro Kusumi, professeur de sciences de la vie à l’Arizona State University, la repousse ne se fait pas uniquement au niveau de la queue. Des cellules repoussent aussi dans les muscles, le cartilage, la moelle épinière et la peau. L’ensemble de ces cellules va générer de nouveaux tissus pour former une nouvelle queue.

D’après Kusumi, les 326 gènes responsables de la régénération de la queue du lézard sont presque tous présents chez l’être humain. Les études effectuées sur les lézards pourraient ainsi mener à de nouvelles recherches chez les humains. Ces gènes communs ouvrent en effet la voie à une possible régénération de nos membres tout comme les lézards peuvent le faire. De nouvelles thérapies pourraient être développées contre les malformations congénitales, les lésions de la moelle épinière ou encore l’arthrite.

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