Au Texas, la formation et la sensibilisation des médecins, le suivi ainsi que la mise en place d’un programme de gestion de la douleur ont permis de réduire largement les prescriptions d’opioïdes à long terme chez les patients ayant subi une opération chirurgicale non urgente.

Une réduction spectaculaire des prescriptions d’opioïdes à long terme

Les prescriptions d’opioïdes à long terme (plus de 5 jours) ont été un moteur connu de l’épidémie d’opioïdes, qui sévit actuellement en Amérique du Nord. Et les habitudes de prescription de certains chirurgiens se sont avérées être une partie du problème, que le système de santé américain tente de résoudre. Récemment, une solution a été adoptée au Texas, où les chirurgiens ont mis en place un programme de gestion de la douleur qui a permis de réduire de deux tiers les prescriptions à long terme, selon une étude présentée dans le Journal of the American College of Surgeons.

Le programme a permis de réduire de 64 % les prescriptions post-chirurgicales d’opioïdes de plus de cinq jours dans les centres de soins Baylor Scott & White implantés au Texas (15 hôpitaux, 104 cliniques et 1 543 médecins). Estimées à 1 228 dans les trois mois précédant le début du programme, celles-ci sont passées à 432 au cours des trois mois suivants, tandis que dans le même temps, les ordonnances de moins de 5 jours ont augmenté de 15 % (passant de 5 133 à 5923).

« Il a été démontré que les prescriptions d’opioïdes de plus de cinq jours augmentent considérablement la dépendance », a déclaré Richard Frazee, chirurgien exerçant dans la ville de Temple et principal auteur de l’étude. « Nous avons établi une norme de prescription d’opioïdes de cinq jours ou moins après une chirurgie élective », a-t-il ajouté.

Au total, l’étude a porté sur 31 814 patients ayant subi une intervention chirurgicale non urgente dans des hôpitaux texans entre janvier 2018, date de lancement du programme, et mars 2019 — Steve Heap / Shutterstock.com

« La crise des opioïdes est en cours, et cette étude constitue une étape du processus visant à y remédier »

L’un des principaux volets du programme consistait à sensibiliser les médecins, chirurgiens et anesthésistes à l’épidémie d’opiacés touchant le pays et à la façon dont les prescriptions post-opératoires à long terme de ces substances y contribuaient. Mais changer la façon dont les chirurgiens prescrivent ces médicaments n’a pas été simple d’après le Dr Frazee. « Comme toujours, pour faire évoluer les mentalités, vous devez convaincre les chirurgiens que c’est un avantage pour leurs patients. Nous avons dû surmonter de nombreuses années de désinformation concernant l’utilisation des opioïdes après une opération », a-t-il noté.

Ce programme « offre un modèle qui pourrait être facilement mis en place dans d’autres établissements de santé » selon le médecin texan, qui rappelle que la lutte contre la dépendance aux opioïdes prend différentes formes.

« La crise des opioïdes est en cours, et cette étude constitue une étape du processus visant à y remédier, qui devra combiner sensibilisation, réforme pharmaceutique, programmes de réhabilitation et élimination des prescriptions inutiles », conclut-il.

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