Pour les vols habités vers l’espace, les capsules abritant les équipages et leur lanceur sont un enjeu majeur pour les agences spatiales. Pour la première fois depuis 2011, la NASA pourra bientôt envoyer les astronautes américains vers la Station spatiale internationale dans des vaisseaux américains.

La nécessité de remplacer Soyouz 

Pour que l’homme soit lancé en orbite, et en particulier en direction de la Station spatiale internationale, accueillant des nouveaux occupants et en renvoyant vers la Terre approximativement tous les trois mois, il faut des lanceurs, bien sûr, mais aussi des capsules, ces petites boîtes indestructibles pour transporter des humains au sommet d’une tour de milliers de tonnes de carburant ultra-explosif. 

Les capsules sont censées protéger les fragiles humains dans leur trajet vers l’espace, tout en assurant des alternatives en cas d’urgence : la sécurité des vies humaines est peut-être l’enjeu le plus important dans la conception des capsules. Celles-ci doivent proposer un système d’évacuation de la capsule du reste du lanceur, dans le cas où ce dernier prend feu ou rencontre une avarie technique majeure ; par la suite, la capsule devra protéger comme un cocon les humains dans leur inévitable retour sur Terre (rappelons-le, l’ISS est à une orbite assez basse, c’est-à-dire qu’elle est placée à une orbite qui la fait inévitablement converger vers la Terre en l’absence de « correction de trajectoire »). 

Depuis 2011, la seule capsule disponible est la russe Soyouz, associée au lanceur du même nom, lancée depuis Baikonur au Kazakhstan. Cette petite capsule a fait son premier vol en 1967, a depuis été largement modifiée, mais elle est devenue l’unique capsule de transport humain vers l’espace en 2011, quand la NASA a mis fin au programme Space Shuttle, et à son véhicule si reconnaissable, dont la capsule n’est pas distincte du lanceur. 

Le Space Shuttle, utilisé jusqu’en 2011 — NASA, edited by jjron

C’est pour cette raison que la NASA, afin que l’Amérique ne soit plus dépendante d’une capsule et d’un lanceur russes, a fait un appel à contribution, et accordait en 2014 2,6 milliards de dollars à SpaceX et 4,2 milliards de dollars à Boeing. En sont issues deux capsules, Crew Dragon et CST-100 Starliner, comptant bien rendre l’espace à l’Amérique. La NASA voulait que ces capsules soient prêtes pour 2017, ce qui ne fut pas le cas, mais le Crew Dragon de SpaceX est presque prêt. 

Des capsules plus adaptées, plus sûres, plus confortables

Lors d’une conférence tenue le 10 octobre au siège de SpaceX, à Hawthorne en Californie, l’administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, a annoncé : « Nous nous approchons de très près, et sommes confiants sur le fait que, au début de l’année prochaine, nous serons prêts à lancer des astronautes américains dans des fusées américaines. » En ajoutant que la période courant de janvier à mars est un objectif envisageable pour le lancement de la mission SpaceX Demo-2, qui emportera les astronautes de la NASA Doug Hurley et Bob Behnken pour un aller-retour vers l’ISS. 

En mars dernier, le lancement d’une capsule Crew Dragon inhabitée vers l’ISS et son retour sur Terre ont été couronnés de succès.

Cependant, en avril dernier, les propulseurs Draco de la capsule (utilisés au moment de la réception en mer, ou dans des conditions d’urgence) ont rencontré un problème lors d’un test du système d’urgence, ce qui a mené à son explosion. 

Voici une compilation de tests des projecteurs Draco sur la capsule Crew Dragon

Elon Musk explique que depuis, SpaceX a revu en profondeur le système de propulsion d’urgence, et commencera des tests rigoureux dans les prochaines semaines. 

De même, des tests ratés sur les parachutes de la capsule ont mené la firme à remplacer les anciens « Mark 2 » par un modèle « Mark 3 » plus récent et plus solide. SpaceX affirme que les propulseurs et les parachutes sont les deux seuls points pouvant mettre à mal le planning. Les tests sur le parachute, selon Musk, devraient montrer leurs résultats ces jours-ci, toutefois Bridenstine explique l’importance de l’opération pour les Etats-Unis, ce qui doit inciter à la patience : « Nous voulons être sûrs de faire cela bien. » En attendant, Boeing a annoncé son premier vol inhabité pour mi-décembre. 

— Paopano / Shutterstock.com

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