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Dans la lutte contre la propagation du coronavirus, toutes les entités dédiées à la santé, la sécurité et le secourisme sont tenues d’apporter leur contribution. En ce qui concerne les pompiers de Marseille, leur apport ne se limite plus à des interventions face à des suspicions de Covid-19. L’organisme a en effet commencé à tester un système de détection du virus dans l’environnement.

Un système essentiel pour préparer le déconfinement

Bien que de nombreux pays du monde soient actuellement soumis à des règles strictes de confinement afin de limiter la propagation du Covid-19, cette situation ne peut pas durer éternellement. Dans la préparation du futur déconfinement, les pompiers marseillais ont entrepris d’élaborer un moyen pour pouvoir détecter le SARS-CoV-2 dans l’environnement. Un tel système est indispensable pour éviter une nouvelle pandémie de coronavirus une fois que la population retournera à la vie normale, surtout dans la mesure où les scientifiques ne peuvent pas encore affirmer avec exactitude la durée de vie du virus dans différents environnements, ou jusqu’à combien de temps il peut encore infecter un individu.

Comme l’a expliqué le contre-amiral Patrick Augier, commandant du bataillon militaire : « Dans la phase qui va suivre le pic de l’épidémie de Covid-19, il sera crucial d’isoler les cas positifs et de vérifier la présence du virus dans des environnements particuliers : des usines qui veulent repartir, des sites contaminés, une pièce. » Disposant d’un laboratoire de lutte CRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique), les pompiers marseillais ont ainsi commencé à tester leur système de détection du virus dans l’environnement.

Ce système consiste à utiliser une PCR ou Polymerase Chain Reaction (réaction en chaîne par polymérase). Plus précisément, cela consiste à utiliser des réactions qui permettent d’amplifier le matériel génétique du virus et ainsi, de l’appliquer à la virologie de l’environnement. Les pompiers marseillais ont ainsi mis au point un laboratoire mobile pour effectuer les premiers essais sur ce système. L’équipe chargée de la conduite des opérations est notamment composée d’un effectif journalier de dix-huit médecins, chimistes et pompiers.

Des résultats disponibles dans un délai d’une heure à quatre heures

Il est à savoir que ce n’est pas l’unité marseillaise qui a créé le système. C’est en effet un organisme tiers qui a procédé au prélèvement de l’ARN du SARS-CoV-2 et à la recherche des réactifs nécessaires pour le faire réagir. Selon les recherches et les premiers essais effectués avec la PCR, la présence du virus dans l’environnement peut être révélée en une heure s’il s’agit d’un prélèvement unique, et en quatre heures en cas de prélèvements multiples. Pour l’instant, l’équipe marseillaise effectue les essais dans son centre des opérations ainsi que dans les ambulances utilisées pour prendre en charge des malades du Covid-19.

Par ailleurs, le but de la détection du virus dans l’environnement est d’assurer une désinfection des lieux. En plus des essais avec la PCR, les pompiers marseillais évaluent donc également leurs protocoles de désinfection. À ce sujet, Patrick Augier a expliqué : « Nous pouvons imaginer, demain, vérifier la présence du virus dans une station de métro à partir d’une bouche d’aération. Nous sommes en train de tester des filtres cyclones, qui fonctionnent comme de gros aspirateurs capables de concentrer l’air. »

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