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Plus vieux que les pyramides : la datation d’un site arthurien replonge les Cornouailles dans la préhistoire

Une certitude tombe, une autre s’impose. Des chercheurs viennent de revoir en profondeur l’histoire des Cornouailles en réévaluant le site de King Arthur’s Hall. Ce monument longtemps associé au Moyen Âge est en réalité bien plus ancien. Il précède la construction des pyramides.

Alignement de pierres néolithiques formant un rectangle sur les landes de Cornouailles, sous un ciel dramatique.
Sous la lumière dorée filtrant à travers les nuages, les pierres dressées de King Arthur’s Hall révèlent un passé oublié. Une scène à la frontière du mythe et de la science. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Sur les landes de Bodmin Moor, un monument de pierres intrigue depuis longtemps et bouscule aujourd’hui les certitudes historiques

Le King Arthur’s Hall se distingue par sa forme rectangulaire rare. Implanté au cœur des landes de Bodmin Moor, l’ensemble compte cinquante-six pierres dressées visibles à la surface. Pendant des décennies, les autorités l’ont interprété comme un enclos médiéval destiné au bétail.

Mais l’aspect inhabituel du site a toujours alimenté les récits et légendes locales. Le lieu est souvent associé aux histoires du roi Arthur et de ses chevaliers. Selon la tradition orale, cette enceinte aurait servi de point de rassemblement à ces figures mythiques.

Une méthode scientifique fondée sur la luminescence permet enfin de dater précisément l’installation des pierres

Pour lever le doute, les chercheurs ont recours à la luminescence stimulée optiquement. Cette technique analyse les sédiments piégés sous les blocs de pierre. Elle permet de déterminer quand ces grains minéraux ont été exposés à la lumière pour la dernière fois.

Les résultats ont profondément modifié la chronologie admise. Le monument ne remonte pas au Moyen Âge, comme supposé jusqu’ici. Les analyses indiquent une construction vieille d’environ cinq mille cinq cents ans, en plein Néolithique.

La nouvelle datation repousse l’origine du site de près de quatre mille ans. Elle transforme la lecture du paysage archéologique britannique. King Arthur’s Hall devient contemporain des premières grandes sociétés agricoles, bien avant l’époque des fortifications médiévales.

Le site révèle un paysage néolithique structuré et habité, loin de l’image d’une lande vide et marginale

La fonction du monument semble désormais claire pour les archéologues. Il ne s’agirait pas d’un espace utilitaire, mais d’un lieu de rassemblement à vocation rituelle. Les communautés néolithiques auraient utilisé cet espace pour des cérémonies liées au territoire et à ses symboles.

Cette lecture change le statut de Bodmin Moor. La région apparaît comme un espace central, comparable au complexe de Stonehenge. Elle témoigne d’une présence humaine organisée et durable, bien antérieure aux récits arthuriens.

Cette nouvelle datation éclaire autrement les mythes locaux et ouvre un nouveau chapitre de l’archéologie des Cornouailles

Pour les chercheurs, il s’agit d’une avancée majeure en archéologie. Le docteur Tim Kinnaird souligne l’importance d’une chronologie désormais fiable. Relier le monument à son environnement permet de mieux comprendre les modes de vie préhistoriques.

Les travaux vont se poursuivre autour du site. L’équipe prévoit d’étudier d’autres structures proches afin d’assembler ce vaste puzzle historique. D’éventuels liens entre ces monuments pourraient révéler un ensemble cohérent enfoui sous la lande.

Cette relecture scientifique ne fait pas disparaître les légendes. Elle leur ajoute une épaisseur historique inattendue. King Arthur’s Hall s’impose désormais comme un trait d’union entre le Néolithique et l’imaginaire médiéval.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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