Le réchauffement climatique a totalement modifié le régime alimentaire des ours polaires

Les ours polaires commencent un régime drastique ! Fini les phoques, le prédateur le plus célèbre de la banquise se lance aujourd’hui dans la consommation d’œufs d’oies sauvages. C’est ce que constate une équipe de chercheurs de l’Institut Polaire de Norvège. Les scientifiques ont observé une partie de la population des phoques et des ours polaires de la région, notamment sur la côte de l’archipel de Svalbard.

Pourquoi les ours polaires ne se nourrissent plus de phoques ?

Avant que le climat ne se réchauffe de manière aussi rapide, le phoque était l’aliment principal de l’ours polaire. L’animal est parfait pour le prédateur : sa chair est source de protéine et sa graisse riche en lipide, l’équilibre parfait pour un carnivore aussi imposant. Cependant, les choses ont aujourd’hui bien changé puisque auparavant pour chasser, les ours n’avaient qu’à attendre qu’un phoque ne s’installe tranquillement sur la banquise, s’ensuivait une course plutôt brève puisque le prédateur est bien plus rapide sur terre.

Cependant, l’équilibre de cette chasse a bien changé ! A cause de la fonte des glaces, il ne reste plus à certains endroits que des débris de glace flottant au large. Les ours sont donc forcés de s’approcher de leur proie de la façon la plus discrète possible, souvent à la nage. Les phoques ne sont cependant pas dupes, et le taux d’échec pour les ours est beaucoup plus élevé qu’avant.

Aujourd’hui, seuls les spécimens les plus jeunes et les plus forts, principalement des mâles, arrivent à se nourrir convenablement. Il faut comprendre que l’ours polaire a beau être effrayant, son atout principal est sa force physique et non pas sa rapidité. C’est pourquoi de plus en plus d’ours se replient sur ce qu’ils trouvent sur terre, et notamment des œufs.

Un ours polaire se nourrissant d’un phoque

 

Quelles conséquences pour l’écosystème ?

Les conséquences sont très graves pour les régions touchées par ce problème. Les scientifiques ont en effet constaté que les prédateurs se rendaient beaucoup plus souvent qu’avant sur la côte terrestre à la recherche de nouvelles formes de nourriture. Leur choix s’est rapidement porté sur les zones de nidation des oiseaux, faisant des œufs une partie importante de leur alimentation. Cependant, un œuf ne pourra jamais remplacer un phoque et de nombreuses questions se posent alors. D’abord, l’équilibre alimentaire des ours se voit totalement chamboulé en partie parce que les œufs sont trop riches en protéines.

Même s’ils peuvent survivre ainsi, de nombreux cas de diarrhée chronique sont apparus au sein de la population, signal de la surconsommation de protéines. Jouke Prop, écologiste à l’Université de Groningen au Pays Bas s’est rendu aux portes de l’arctique pour observer ce phénomène et a réussi à filmer des ours en pleine action.

Il explique que « cela prend environ 30 secondes pour repérer un nid, puis 60 secondes pour manger les œufs (…) On observe ainsi une baisse de 90 % de la population des oiseaux après certains raids. (…) Si le nombre continue de baisser, ce qui est prévisible, cela aura un impact énorme sur l’écosystème terrestre. Par exemple, les renards de l’arctique se nourrissent des jeunes oies, et l’alimentation des rennes est directement liée au fait que les oies paissent sur la toundra. »

Ce phénomène est observable depuis la dernière grande fonte des glaces dans la région en 2006. Même si ce phénomène est marginal, les plus jeunes pourraient s’en inspirer pour faire des œufs leur alimentation principale, rendant la situation encore plus tragique qu’elle ne l’est aujourd’hui.


À la Renaissance, loucher était caractéristique de beauté pour les femmes italiennes.

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