Ophiojura — © Timothy D. O’Hara et al. / Proceedings of the Royal Society B

Initialement découverte au large de la Nouvelle-Calédonie par des chercheurs français il y a une décennie, une créature marine semblant tout droit sortie d’un sombre roman fantastique a récemment été analysée et décrite.

Des caractéristiques cauchemardesques

Alors que nous recherchons des signes de vie sur d’autres planètes, il reste encore beaucoup de créatures terrestres absolument étranges à découvrir. Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B, une équipe internationale de chercheurs a décrit une nouvelle espèce marine évoluant dans les profondeurs de l’océan. Unique en son genre, Ophiojura est pourvu de membres recouverts de crochets et de plusieurs mâchoires.

Le premier, et jusqu’à présent unique, spécimen d’Ophiojura avait été repêché en 2011 à environ 200 kilomètres de la Nouvelle-Calédonie, dans le sud-ouest de l’océan Pacifique. Une découverte intervenue alors que des scientifiques français exploraient un relief sous-marin à environ 500 mètres sous la surface.

Semblable à une étoile de mer allongée, la créature lovecraftienne possède huit bras de 10 centimètres de long couverts de crochets et d’épines, se rejoignant pour former un rictus terriblement denté, composé de huit paires de mâchoires.

Ophiojura est non seulement une nouvelle espèce, mais également un nouveau genre et une nouvelle famille. Si ses plus « proches » parents vivants s’avèrent être les ophiures (elles-mêmes apparentées aux étoiles de mer), des études génétiques ont révélé que leur dernier ancêtre commun vivait il y a environ 180 millions d’années, au cours de la période jurassique, symbolisant l’apogée du règne des dinosaures.

Une espèce « relique »

Fait intrigant, les chercheurs disent avoir observé des fossiles datant de la même période s’avérant remarquablement similaires à la nouvelle espèce. Cela fait d’Ophiojura une espèce « relique », ayant extrêmement peu évolué sur une période de plusieurs millions d’années. Selon les auteurs de l’étude, il pourrait s’agir de la seule – ou du moins de l’une des très rares – espèce vivante d’une branche de la vie autrefois très répandue.

Le mois prochain, l’équipe se lancera dans une nouvelle expédition au cours de laquelle elle sondera des reliefs sous-marins largement inexplorés de l’océan Indien, dans l’espoir de trouver des créatures similaires.

Le spécimen unique décrit par les chercheurs — © Timothy D. O’Hara et al. / Proceedings of the Royal Society B

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