― Sasa Dzambic Photography / Shutterstock.com

Un nouveau rapport accablant de l’ONU pointe la responsabilité de la Turquie dans les exactions commises contre les Kurdes dans les régions placées sous son contrôle militaire. Les disparitions forcées et les tortures y sont légion, mais également le viol, pratiqué massivement comme arme de guerre. Certains voient même poindre la menace d’un nettoyage ethnique.

L’utilisation massive du viol comme arme de guerre

Le rapport de la Commission indépendante internationale sur la Syrie décrit, le 15 septembre, des exactions commises contre les Kurdes dans les régions que la Turquie occupe militairement, et pointe la responsabilité de cette dernière dans ce que l’on peut qualifier de crimes de guerre. La guerre civile qui se joue en Syrie depuis 9 ans pour faire partir Bachar Al-Assad du pouvoir s’est muée en conflit international où chacun cherche à défendre ses intérêts. « Il n’y a pas des mains propres dans ce conflit, mais le statu quo ne peut pas durer », selon  Paulo Pinheiro, le président de la Commission.

Un groupe en particulier est visé dans ce rapport : l’Armée nationale syrienne (ANS), sous les ordres de la Turquie. Ils sont accusés de nombreuses exactions commises contre les Kurdes, comme les disparitions forcées, les tortures et également le viol, utilisé massivement comme arme de guerre. Ainsi, de multiples exemples émaillent le rapport : à Afrin, des prisonniers ont été contraints de sortir de leur cellule pour assister au viol collectif d’une jeune fille kurde mineure. Depuis 2019, ces actes de violence ont pour but de terrifier les femmes kurdes, « ce qui engendre un climat généralisé de peur qui a pour effet de les confiner dans leur domicile ». Des cas de violences sexuelles ont également été recensés chez les hommes, comme dans ce centre de détention d’Afrin, dans le nord de la Syrie : « À deux reprises, des officiers de la police militaire de l’Armée nationale syrienne, cherchant apparemment à humilier les détenus de sexe masculin et à leur arracher des aveux et leur inspirer de la peur, ont forcé des détenus masculins à assister au viol d’un mineur. » Le rapport poursuit : « La Commission a reçu d’autres informations selon lesquelles des familles de Tal Abyad ont choisi de ne pas rentrer chez elles, craignant les viols et les violences sexuelles commis par des membres de l’Armée nationale syrienne. Au moins 30 femmes auraient été violées au cours du seul mois de février. »

La Turquie accusée d’être responsable de ces exactions

« Dans les zones placées sous le contrôle effectif de la Turquie, celle-ci a la responsabilité d’assurer, dans la mesure du possible, l’ordre et la sécurité publics, et d’accorder une protection particulière aux femmes et aux enfants », rappelle la Commission. La domination turque sur des territoires kurdes syriens résulte, comme le rappelle Le Monde, d’offensives militaires turques menées en 2018 et 2019 contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), majoritairement kurdes. La Turquie souhaitait ainsi s’attaquer au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu’elle accuse de terrorisme. Ces offensives se sont progressivement transformées en occupation militaire.

D’autres exactions sont commises par les forces turques et leurs alliés. Ainsi, le rapport fait également état de pillages, expropriations, confiscation de biens, de maisons : « En septembre 2019, des civils dans le sous-district de Cheik el-Hadid (région d’Afrin) ont décrit comment des membres de la division 14 de la brigade 142 (Souleïman Chah) de l’Armée nationale syrienne étaient allés de porte en porte en donnant l’ordre aux familles kurdes comptant moins de trois membres de quitter leur logement pour que celui-ci puisse accueillir des personnes venant de l’extérieur d’Afrin. »

Tout ceci n’a qu’un seul but : forcer les Kurdes à partir, ce qui peut s’apparenter à du nettoyage ethnique. La Turquie serait donc passible de poursuites judiciaires internationales. C’est ce qu’a rappelé la Commission :« S’il se révélait que des membres de groupes armés agissaient sous le commandement et le contrôle effectifs des forces turques, les violations commises par ces acteurs pourraient entraîner la responsabilité pénale des commandants de ces forces qui avaient ou auraient dû avoir connaissance des crimes, ou qui n’ont pas pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables pour en prévenir la commission ou les réprimer. »

4
COMMENTEZ

connectez-vous pour commenter
avatar
3 Fils de commentaires
1 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
3 Auteurs du commentaire
jamelDjangoburubu Auteurs de commentaires récents
  S’abonner  
plus récent plus ancien Le plus populaire
Notifier de
burubu
Membre
burubu

les états unis et l’europe réagissent faiblement en ce qui concerne la Turquie, comment peuvent ils encore garder la turquie dans l’OTAN.

Django
Invité
Django

La propagande est votre point fort apparemment !!!! vous ouvrez vos gueules que quand ça vous plait, toute les invasions de l’armée américaine en Irak, en somalie, Afghanistan et tout les pays qu’ils ont dévastés avec les tueries, viols, vol, utilisation d’uranium appauvri, tortures avec prise de selfie avec des… Lire la suite »