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Une équipe de chercheurs britanniques a récemment estimé qu’à partir de cinquante ans, le risque de développer une démence augmentait de plus de 30 % chez les personnes souffrant d’obésité.

Les femmes exposées à un risque encore plus élevé

Dans le cadre de ces travaux publiés dans l’International Journal of Epidemiology, des scientifiques de l’University College London ont analysé les données de l’étude longitudinale anglaise sur le vieillissement, portant sur 6 582 adultes de plus de 50 ans ayant été suivis sur une période de quinze ans. Et il s’est avéré que les sujets en situation d’obésité (une personne étant considérée comme obèse lorsque son IMC est égal ou supérieur à 30) au début de la période d’étude présentaient en moyenne un risque de démence 31 % plus élevé. Tandis que celui-ci atteignait 39 % pour les femmes souffrant d’obésité abdominale.

« La démence est l’un des principaux défis sanitaires du XXIe siècle qui pourrait menacer le vieillissement en bonne santé de la population et nos conclusions suggèrent que la hausse des taux d’obésité aggravera le problème », avance Andrew Steptoe, chercheur à l’Institut d’épidémiologie et de soins de santé de l’UCL et co-auteur de l’étude. « En identifiant les facteurs susceptibles d’augmenter le risque de démence qui sont influencés par les facteurs liés au mode de vie, nous espérons qu’une partie substantielle des cas de démence pourront être évités via des interventions de santé publique. »

Pour Dorina Cadar, auteure principale de l’étude, « ces résultats apportent de nouvelles preuves que l’obésité peut avoir des implications importantes en termes de risque de démence ».

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Une influence à la fois directe et indirecte

Des recherches antérieures ont en effet montré que l’obésité augmentait le risque de démence directement par son influence sur les cytokines et les hormones dérivées des cellules adipeuses, ou indirectement via les dommages vasculaires induits. Il a également été démontré qu’un excès de graisse corporelle pouvait contribuer à l’accumulation de protéines amyloïdes ou à des lésions dans le cerveau par les voies métaboliques et vasculaires.

Selon les chercheurs, l’IMC et le tour de taille doivent absolument être surveillés régulièrement afin d’éviter les dysrégulations métaboliques. Pour réduire le poids corporel à un niveau optimal, ceux-ci recommandent d’adopter des habitudes alimentaires saines et équilibrées, comme le régime méditerranéen, une activité physique appropriée, ainsi qu’une consommation d’alcool réduite tout au long de la vie d’adulte.

« Il est possible que l’association entre obésité et démence soit médiée par d’autres conditions, telles que l’hypertension ou les traitements anticholinergiques », souligne Yuxian Ma, co-auteur de l’étude. « Bien qu’elle ne soit pas explorée dans cette étude, la question de savoir s’il existe une interaction entre l’obésité et d’autres facteurs de risque à la quarantaine, tels que l’hypertension, le diabète et le statut de porteur de l’APOE ε4 [facteur génétique le plus conséquent dans la maladie d’Alzheimer], en relation avec la démence sera étudiée prochainement. »

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