Découvrez le monde de Karas, cet anime futuriste qui vous offre une vision décalée du Japon et de ses traditions

Oeuvre futuriste à la réalisation surprenante, Karas fait figure d’exception parmi les productions du mythique studio Tatsunoko. Dans cet OAV très sombre, esprits ancestraux et gardien aux allures de samouraï moderne cohabitent dans un monde où la technologie occupe une place si importante qu’elle aveugle les hommes. SooGeek vous fait découvrir cette oeuvre intense entre tradition, modernité et portée philosophique.

 

L’histoire de Karas commence en plein cœur de Tokyo, dans une version fictive de l’arrondissement de Shinjuku. Depuis la nuit des temps, humains et yokai cohabitent, même si les hommes ne croient plus aux esprits. Certains de ces esprits, les Mikuras, ont pris forme humaine pour survivre car ils se nourrissent de sang humain. Pour veiller sur la ville, le Karas (qui signifie corbeau en japonais), un gardien vêtu d’une armure noire et armé d’un katana, veille à maintenir l’équilibre entre les 2 univers. Mais quand l’ancien Karas, dégoûté de l’attitude des hommes, revient, c’est un combat difficile qui s’engage pour éviter à Tokyo d’être ravagée par les démons.

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Sorti en 2009 en France, Karas est un OAV (Original Animation Video) en 6 épisodes réalisé par Keiichi Sato et produit par le studio nippon Tatsunoko, derrière des dessins animés comme La Bataille des planètes, Cynthia ou le Rythme de la vie et Beyblade Metal Fusion. Il a été créé pour célébrer les 40 ans du studio d’animation et mêle animation 2D et 3D.

Rythmé par des scènes d’action assez nerveuses, Karas est un seinen fantastique inspiré par le futurisme et la dark fantasy. Son univers où les machines sont traitées en 3D tranche avec les personnages animés en 2D. Quant au Karas, ses différentes transformations et ses animations sont techniquement maîtrisées et truffées d’effets spéciaux, des éléments qu’on voyait peu à l’époque dans l’animation nippone. Une réalisation irréprochable qui cache pourtant une œuvre difficile à cerner. Et il vaut mieux la regarder plusieurs fois pour en saisir toutes les subtilités. L’OAV, derrière ses combats dynamiques et sa vision assez sombre du monde, possède plusieurs messages cachés à destination du spectateur. Des messages dont les principaux acteurs sont les Yokai et les Mikuras.

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L’oeuvre dénonce en effet le fait que les villes modernes renoncent de plus en plus à leur culture, à leurs traditions et à leur passé. Dans Karas, les esprits sont l’incarnation de cette culture ancestrale progressivement dévorée par la technologie sous toutes ses formes. Et même si les humains ne les voient pas, le Karas est là pour leur rappeler que si la modernité prenait le pas sur tout le reste, la ville ne serait plus équilibrée. Les Mikuras représentant également chacun des 5 éléments du taoïsme, si l’un d’entre eux disparaît, la ville en souffre.

Les esprits nous rappellent l’importance de la culture passée, mais ils nous invitent également à nous questionner sur nous-même. Dans le combat entre les 2 Karas pour décider du sort de la ville, c’est aux Yokai de choisir quelle voie ils veulent suivre : celle de la destruction imposée par l’ancien Karas ou celle de l’acceptation pour laquelle se bat le nouveau Karas. Un message qui s’adresse également aux spectateurs. Comme les Yokai, ils ne doivent pas suivre les idées imposées par les autres mais choisir le chemin qu’ils veulent emprunter. Enfin, la relation entre les Yokai et les hommes est une métaphore des relations humaines, parfois difficiles. Mais l’oeuvre nous invite à ne pas toujours être spectateur, à faire un pas vers les autres. Enfin, Karas ne se contente pas d’apparaître dans son OAV. Il fait aussi partie du roster du jeu de combat Tatsunoko vs. Capcom : Ultimate All Stars, sorti en 2010 exclusivement sur Wii.

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Karas est une oeuvre complexe loin des animes classiques du studio Tatsunoko. Aussi aboutie techniquement que profondément réfléchie, elle parvient à mêler tradition et modernité. Que ce soit dans son thème, ses héros ou sa réalisation, elle surprend à bien des égards et jongle avec brio entre deux cultures, deux styles d’animation et deux réflexions. Une oeuvre à mettre de toute urgence sur les écrans des fans d’animation !


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