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Le jambon blanc n’est pas rose. En effet, cette couleur provient des nitrites ajoutés par les industriels en guise de conservateurs. Cependant, la Ligue contre le cancer accuse cette substance d’être cancérigène, et milite contre son utilisation depuis plusieurs années. Selon les informations du Parisien, une proposition de loi aurait été déposée jeudi dernier à l’Assemblée nationale pour « protéger les consommateurs contre les dangers des nitrites ».

Le nitrites dans les jambons bientôt interdits ?

Cette proposition de loi devrait être examinée le 28 janvier 2021. Dans un premier temps, elle propose l’obligation d’indiquer sur les emballages des charcuteries industrielles que les produits contiennent des substances cancérigènes, comme pour les paquets de cigarettes. Dans un second temps, elle propose une interdiction de l’utilisation des nitrites dans les jambons crus à compter de 2023, et dans les jambons cuits à partir de 2025. En outre, elle propose également l’interdiction du conservateur dans les andouillettes, les boudins, les terrines et les rillettes à partir de 2025.

« En passant dans l’intestin, les nitrates, et surtout les nitrites, vont entraîner la formation de nitrosamines et de fer nitrosylé. Or ces deux substances sont des cancérigènes avérés », expliquait le président de la Ligue contre le cancer Axel Kahn en décembre 2019. L’on estime notamment qu’entre 8 et 10 % des cancers colorectaux sont liés à la formation de ces deux substances nocives. Ainsi, entre 3 000 et 3 300 cancers seraient liés à la consommation de viande contenant des nitrites.

— rlat / Shutterstock.com

Les industriels dénoncent un acharnement

« Après une enquête parlementaire sérieuse, tout le monde reconnaît que ces produits tuent. Si cette proposition ne passe pas, comme élu je me demande à quoi je sers », a déclaré le député MoDem du Loiret Richard Ramos, qui fait partie des élus à l’origine du texte. Ce dernier a indiqué que l’on n’aurait pas besoin des nitrites si de bons produits sont utilisés dans de bonnes conditions. Il prend exemple sur la marque Super U qui s’en passe depuis plusieurs années sans qu’aucun cas d’intoxication ne soit signalé.

De son côté, la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) dénonce un acharnement dans plusieurs communiqués récents. Cette dernière s’appuie notamment sur un rapport de l’Académie de l’agriculture de France datant de novembre dernier, qui affirme que le risque soupçonné d’augmentation du cancer colorectal lié à l’utilisation des nitrites comme additifs dans les charcuteries aux doses autorisées par la réglementation n’est pas scientifiquement établi par les études toxicologiques et épidémiologiques disponibles à ce jour.

Suite à une pétition lancée par la Ligue contre le cancer, l’association Foodwatch et l’application Yuka, demandant l’interdiction de quatre additifs (nitrite de potassium, nitrite de sodium, nitrate de potassium et nitrate de sodium), l’Agence nationale de sécurité sanitaire française devrait remettre un avis sur les nitrites en juin 2021. En outre, elle aurait également commandé une étude à l’Institut national de recherche agronomique pour déterminer les conséquences de l’utilisation de ces additifs sur la santé des consommateurs.

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