Beaucoup pensent qu’avec l’émergence des neurotechnologies, la science-fiction deviendra bientôt une réalité. Le domaine de la neuroscience a déjà révolutionné les esprits concernant la fusion de l’homme avec la machine. La preuve avec les personnes souffrant de paralysie qui arrivent à contrôler leur prothèse par la force de leur pensée. Mais que peut-on vraiment penser de la neurotechnologie ?

L’émergence de la neurotechnologie : la science-fiction n’est plus si loin

Internet ainsi que les nouvelles technologies, comme les smartphones, sont des outils qui ne cessent de nous influencer et qui arrivent même à changer notre façon de voir et de nous souvenir du monde qui nous entoure. En d’autres termes, ces outils technologiques sont en train de changer nos cerveaux. Par exemple, au lieu de mémoriser un trajet, nous préférons utiliser Google Maps.

Nous vivons de pair avec ces technologies, à tel point que beaucoup pensent qu’un jour, les hommes et les machines ne feront qu’un. Yuval Noah Harari, historien professeur et auteur à succès du New York Times, a même déclaré dans un discours au Fast Company European Innovation Festival : « A l’avenir, il est probable que le smartphone ne sera pas du tout séparé de vous. Il peut être intégré dans votre corps ou votre cerveau, balayant constamment vos données biométriques et vos émotions. »

Il y a quelques années, Elon Musk, milliardaire, technophile et fondateur de Space X et Tesla, a lancé Neuralink, un projet qui a pour but de faire aboutir ce fantasme de fusionner l’homme avec la machine. Bien que l’idée semble dérangeante, pour de nombreuses personnes, telle est la finalité de ces technologies émergentes des neurosciences. Aujourd’hui, nous en sommes encore loin, car les résultats sont encore rudimentaires mais les chercheurs sont sur la bonne voie. Des recherches en neuroscience ont permis par exemple de soigner les effets de la maladie de Parkinson grâce à des implants cérébraux. Elles ont également permis d’aider un tétraplégique à faire bouger un de ses bras par la pensée grâce à l’implantation de 192 microélectrodes dans son cerveau.

— Gorodenkoff / Shutterstock.com

Les machines peuvent être contrôlées par la pensée

Dans le quotidien, nous contrôlons nos machines ou appareils technologiques par des actions ou des mouvements. Grâce à la neurotechnologie émergente, c’est désormais la pensée qui permet de contrôler les machines, il n’y a aucun contact physique. Cela est en fait possible grâce à l’ICM ou l’interface cerveau-machine. L’ICM est un système de liaison directe entre le cerveau humain et la machine en transformant les informations neuronales en commandes informatiques.

A ses débuts, en 1973, l’ICM a été façonnée par le professeur de l’UCLA Jacques Vidal pour contrôler un objet graphique en utilisant des signaux EEG, une méthode de mesure d’activité électrique du cerveau. Aujourd’hui, les recherches ont bien avancé et dorénavant, l’ICM peut directement sentir ce que nous voulons en utilisant des informations associées à l’attente de récompense.

Joe Francis, professeur de génie biomédical à l’université de Houston, explique : « Nous sommes passés de simples cas de récompense/sans récompense à des environnements beaucoup plus complexes avec plusieurs niveaux de récompense et même de punition. » Son illustration est simple, connectées à l’IMC, deux situations ayant le même mouvement, par exemple chercher un cornet de crème glacée ou des déchets, ont une activité neuronale très différente. Utilisée principalement pour les personnes souffrant de handicap comme la paralysie, l’ICM n’est pas seulement un moyen pour interagir avec l’environnement mais suit aussi l’état psychologique de l’utilisateur vers la thérapie, selon Francis.

L’ICM elle-même est passée à un niveau supérieur : les ICM portables ou sans fil

L’ICM a tout de même quelques contraintes, car elle était toujours utilisée dans un laboratoire. Mais depuis l’apparition des ICM portables et discrètes, les recherches ont accéléré. Les chercheurs ont pu suivre les biosignaux produits par le cerveau de l’utilisateur de l’ICM, ce qui les a aidés à mieux comprendre le fonctionnement du cerveau humain dans le monde réel. Grâce à l’ICM portable, par exemple, une personne durant son travail transmet des informations à son ICM qui à son tour va adapter des solutions personnalisées pour améliorer ses performances au travail.

Alexander von Lühmann, chercheur, et David Boas, directeur fondateur du Neurophotonics Center et leader mondial dans le domaine de la neurophotonique, ont pour leur part, intégré la spectroscopie proche infrarouge fonctionnelle ou fNIRS, méthode de mesure de l’oxygène dans le cerveau, et l’EEG dans les équipements portables.

Pour eux, il y a une grande différence entre portable et portable imperceptible. Von Lühmann explique : « Du côté portable, vous avez toujours quelque chose de gros, mais ce n’est pas vraiment attaché, vous pouvez donc le porter dans un sac à dos, le portable imperceptible va plus vers ce que vous connaissez de Fitbits ou les plus discrets des petits appareils qui visent, au moins à un moment donné dans le futur, à fournir des mesures sans vraiment affecter le comportement naturel. »

La neurotechnologie révolutionne sans cesse le monde. Ce n’est plus qu’une question de temps pour que la machine s’intègre à l’homme, bien que cela reste un défi considérable pour les scientifiques.

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