
Dans le nord de l’Irak, les fouilles d’une célèbre grotte préhistorique ont livré les restes d’un individu néandértalien présentant des lésions caractéristiques, attribuées à un coup de lance fatal.
Accident de chasse ou agression ?
La découverte est intervenue près de l’entrée de la grotte de Shanidar, où les dépouilles d’au moins cinq Néandertaliens avaient été déposées il y a plus de 70 000 ans, renforçant l’idée de traditions funéraires chez nos cousins disparus. En étudiant le squelette partiel d’un individu de 45 ans, comprenant plusieurs côtes, des dents, une main presque complète ainsi qu’une omoplate, les chercheurs ont observé une entaille circulaire d’environ 1,5 centimètre de large sur cette dernière.
Sur la base des fragments osseux remplissant la cavité et des trois fractures l’encadrant, l’équipe a conclu qu’il s’agissait du résultat d’un impact violent, impliquant un objet pointu, probablement une lance en bois.
Si elle n’exclut pas la possibilité d’un accident de chasse, pour Emma Pomeroy, de l’université de Cambridge, l’emplacement des lésions et leur profil suggèrent davantage un coup mortel visant le cœur, qui aurait perforé le poumon du malheureux et probablement sectionné plusieurs de ses artères avant de ressortir au niveau de l’omoplate.
L’examen des dents a révélé que l’individu était déjà diminué physiquement, avec notamment une incisive inférieure fendue verticalement et ses voisines fortement tordues. L’accumulation de plaque dentaire observée indique qu’il avait survécu au moins un an après ce traumatisme facial. « Il devait souffrir le martyre », estime Pomeroy.

Arsenal néandertalien
Les ossements animaux découverts à Shanidar suggèrent que les groupes néandertaliens qui l’occupaient chassaient principalement des bouquetins préhistoriques. Ces ongulés auraient probablement été occis avec des lances semblables à des javelots, dont seule une poignée d’exemples ont survécu.
Comme l’explique Chris Hunt, chercheur à l’université John Moores et co-auteur de la nouvelle étude, publiée dans la revue Scientific Reports, les exemples les mieux conservés, trouvés en Allemagne, remontent à environ 200 000 ans, et le plus ancien, mis au jour en 1911 dans le sud-est de l’Angleterre, à 400 000 ans.
Précédemment, des chercheurs espagnols avaient identifié les empreintes d’un large éventail d’outils en bois, indiquant que les Néandertaliens étaient d’habiles menuisiers.
Par Yann Contegat, le
Source: The Guardian
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