
Si les Romains accordaient une grande importance à l’hygiène, des découvertes dans le nord de l’Angleterre révèlent que les soldats stationnés près de la frontière la plus septentrionale de l’Empire souffrait de graves infections parasitaires.
Infections parasitaires antiques
Ces dernières années, les fouilles des vestiges du fort de Vindolanda, proche du mur d’Hadrien, ont livré un aperçu fascinant (voire troublant) du quotidien des soldats l’ayant défendu entre le Ier et le IVe siècle de notre ère.
Récemment, Piers Mitchell, de l’université de Cambridge, et ses collègues ont examiné au microscope une soixantaine d’échantillons de sédiments provenant des égouts de cette ancienne structure défensive.
Cet examen minutieux a révélé la présence d’oeufs de deux parasites bien connus (ver rond et trichure), ainsi que d’un pathogène unicellulaire (Giardia duodenalis). Aujourd’hui encore, ce trio provoque de graves infections gastro-intestinales chez les enfants, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées.
#Analysis of ancient latrine sediments at Vindolanda near Hadrian's Wall confirms #RomanSoldiers were exposed to roundworm, whipworm, and Giardia, indicating persistent sanitation challenges. @Cambridge_Uni https://t.co/0m5XriYdN7 https://t.co/OVAcd330Me
— Phys.org (@physorg_com) December 19, 2025
« Malgré tous leurs efforts en matière d’assainissement et d’hygiène, avec des commodités telles que les bains publics et les latrines, les Romains souffraient constamment de diarrhée et de problèmes intestinaux d’origine parasitaire », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Parasitology. « L’origine microscopique de ces maux leur échappait complètement. »
Une majorité de soldats touchés
L’étude d’un second site fortifié proche, occupé autour de 100 de notre ère, a également révélé la présence de vers ronds et de trichures, qui faisaient alors des ravages dans une bonne partie de l’Empire romain.
« Il est difficile de déterminer précisément quelle proportion de soldats souffraient de telles infections, mais le fait que ces parasites aient été trouvés tout le long du canal d’évacuation des latrines suggère que la plupart de leurs utilisateurs étaient touchés », détaille Mitchell.
Selon le chercheur, jusqu’à présent, les sites romains connus pour abriter Giardia duodenalis se trouvaient en Italie et en Turquie.
L’an passé, une étude avait révélé les plaies de l’Égypte ancienne.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: parasite, infection, empire romain
Catégories: Actualités, Histoire