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La Terre a plusieurs milliards d’années, et tout au long de son histoire, elle a vu apparaître et disparaître de nombreuses espèces. L’humanité n’a eu de cesse de découvrir ces espèces – ou ce qu’il en reste –, mais de nombreux mystères entourent encore certaines des créatures qui ont été découvertes. C’est notamment le cas du monstre de Tully.

Un petit monstre mystérieux

Le monstre de Tully a été découvert dans les années 1950 par un collectionneur de fossiles nommé Francis Tully. Depuis sa découverte, les scientifiques se sont demandé à quel groupe d’animaux modernes appartient Tully. L’énigme des véritables relations évolutives de Tully a ajouté à sa popularité, le conduisant finalement à devenir le fossile d’État de l’Illinois.

Le mystérieux monstre de Tully, ou Tullimonstrum gregarium, est une créature de 15 centimètres de long qui a envahi les mers de ce qui est maintenant l’Illinois il y a plus de 300 millions d’années. L’animal était un vertébré et un proche parent des lamproies. Du moins, c’est ce que les scientifiques ont conclu il y a 3 ans. Mais une nouvelle analyse pourrait bouleverser la classification de cet animal étrange.

En effet, une précédente découverte en 2016 avait révélé que le monstre de Tully avait une tige de cartilage renforcée qui soutenait son corps et ses branchies – suggérant que la créature était un vertébré -, semblables à certains poissons primitifs. De nouvelles preuves ont cependant montré que le mystérieux monstre de Tully n’a probablement pas été un vertébré, malgré la dureté de son cartilage.

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Une étude qui remet tout en cause

L’élément inhabituel qui a mené à cette conclusion a été découvert dans ses yeux fossilisés. Les yeux de l’animal contenaient des granules de pigment appelées mélanosomes, un composé que l’on peut généralement trouver chez les vertébrés. Mais la nouvelle recherche remet cela en question, en soulignant que certains invertébrés, tels que les poulpes et les calmars, ont des mélanosomes similaires à ceux trouvés chez le monstre de Tully.

Chris Rogers, chercheur postdoctoral en paléobiologie de l’University College Cork et auteur principal de l’étude, et son équipe ont utilisé un accélérateur de particules afin d’analyser les différents composants contenus dans les restes fossilisés du monstre de Tully. Les résultats de leurs recherches ont été publiés dans Proceedings of the Royal Society B : Biological Sciences.

Ils y expliquent que le cuivre dans les yeux de Tully était un type de cuivre différent de celui que l’on trouve normalement dans les yeux des vertébrés et des invertébrés. Chris Rogers a également déclaré dans un communiqué de presse : « La chimie des yeux de Tully et le rapport zinc/cuivre étaient plus similaires à ceux des invertébrés que des vertébrés. Cela suggère que l’animal n’était peut-être pas un vertébré, ce qui contredit les efforts antérieurs pour le classer. »

Ces nouvelles recherches n’apportent pas assez de preuves pour dire que le monstre de Tully est un invertébré ; mais elles remettent également en cause la taxonomie actuelle qu’on attribue à l’animal. Cela étant, la classification du monstre de Tully reste donc un mystère.

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