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Marineland fermé depuis 2025 : ce que risquent vraiment les dauphins et les orques encore prisonniers du parc

Depuis janvier 2025, Marineland à Antibes est fermé au public. Pourtant, derrière les grilles, douze dauphins et deux orques vivent toujours en captivité. Alors pourquoi restent-ils sur place ? Et surtout, quel avenir se dessine pour eux après la fermeture du parc ?

Deux dauphins en captivité dans un bassin de Marineland, avec des cerceaux flottants, après la fermeture du parc en 2025
Deux dauphins captifs nagent dans un bassin de Marineland, fermé au public depuis 2025, symbole des incertitudes qui pèsent encore sur l’avenir des cétacés détenus en parc marin – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi les dauphins et les orques sont toujours confinés à Marineland malgré la fermeture au public et une loi qui interdit leur captivité

Le cadre légal ne laisse guère de place au doute. Cependant, son application prend du temps. La loi française de 2021 interdit la captivité des cétacés à des fins commerciales et impose la fermeture des delphinariums d’ici décembre 2026. Marineland a donc fermé au public dès janvier 2025. En revanche, aucune solution immédiate n’existe pour reloger ces animaux.

En effet, les dauphins et les orques encore présents ont passé toute leur vie en bassins artificiels. Ils dépendent de soins quotidiens, d’une eau strictement contrôlée et de personnels formés. Or un transfert mal préparé peut provoquer un stress intense, des troubles physiologiques, voire la mort. Ainsi, faute d’alternative fiable, les animaux restent sur place, dans un parc vidé de ses visiteurs.

Transferts à l’étranger : pourquoi ces scénarios font craindre un retour à des conditions de captivité jugées inacceptables

Depuis plusieurs mois, des pistes internationales circulent. Logiquement, elles inquiètent fortement les scientifiques et les ONG. Pour les dauphins, un transfert vers l’Espagne, suivi d’un départ vers la Chine, revient souvent dans les discussions. Dans ce cas, le scénario impliquerait un retour aux spectacles, à des bassins inadaptés et à une exploitation commerciale assumée.

Concernant les orques, certains parcs étrangers déjà en activité figurent aussi parmi les options évoquées. Pourtant, ces structures font l’objet de critiques récurrentes. Les études le montrent clairement : changer de bassin n’améliore pas automatiquement le bien-être animal, surtout pour des espèces très intelligentes et socialement complexes.

Le projet du ZooParc de Beauval, entre amélioration du bien-être animal et critiques sur la poursuite d’une logique de captivité

En France, le ZooParc de Beauval propose une solution transitoire pour les dauphins. Concrètement, le projet prévoit des bassins sans chlore, une simulation des marées et la présence de poissons vivants. L’investissement annoncé atteint 25 millions d’euros. L’objectif affiché reste donc clair : améliorer nettement les conditions de vie.

Cependant, cette option soulève des réserves. D’une part, le site reste ouvert au public, ce qui maintient une dimension commerciale. D’autre part, même sans spectacles, la reproduction en captivité pose question. Chaque naissance créerait un nouvel animal voué à l’enfermement, en contradiction avec l’esprit de la loi de 2021. C’est pourquoi les ONG réclament des engagements stricts et temporaires.

Orques, sanctuaires et avenir à long terme : pourquoi la création de solutions durables reste le véritable enjeu

Pour les deux orques, une mère et son petit, aucune solution française immédiate n’est disponible. Certes, des projets de sanctuaires, notamment en Amérique du Nord, existent. Toutefois, ils soulèvent de sérieuses interrogations : températures hivernales extrêmes, qualité de l’eau, capacité d’adaptation d’animaux habitués à la Méditerranée.

Le cœur du débat se situe ici. En réalité, l’enjeu ne réside pas dans la rapidité, mais dans la qualité des décisions. Il faut donc créer de véritables sanctuaires, sans exploitation commerciale ni reproduction imposée, avec un suivi scientifique sur le long terme. Parallèlement, informer, relayer des sources fiables et soutenir les associations reste essentiel.

Enfin, derrière les textes de loi, les rapports d’experts et les négociations politiques, il y a surtout des êtres vivants sensibles. Ils ressentent le stress, l’isolement et la souffrance. Leur avenir ne dépend pas d’un simple dossier administratif. Au contraire, il se joue maintenant, dans les choix concrets des autorités et des acteurs concernés.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Futura

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