L’étoile Bételgeuse a inquiété les astronomes après une baisse de luminosité, évoquant une explosion proche. De nouvelles données écartent désormais ce scénario en pointant une cause inattendue : une présence discrète qui change notre lecture de cette supergéante rouge relativement proche.

Pourquoi la baisse soudaine de Bételgeuse a relancé la peur d’une supernova proche et spectaculaire
Située dans la constellation d’Orion, cette étoile massive fascine en raison de sa proximité. Lorsqu’elle a brusquement perdu de son éclat habituel, l’hypothèse d’une explosion en supernova a été envisagée à court terme par certaines interprétations.
Un tel événement signe la fin de vie des étoiles dépassant huit fois la masse du Soleil. À l’inverse de notre étoile, promise à devenir une naine blanche, Bételgeuse est vouée à une fin beaucoup plus violente. Elle laissera un trou noir stellaire ou une étoile à neutrons après avoir illuminé le ciel.
Les variations irrégulières mesurées ces dernières années ont nourri de nombreuses hypothèses. Pourtant, la chute de luminosité observée en 2019 ne correspond pas à une explosion imminente. Des indices solides permettent aujourd’hui d’écarter un danger proche pour notre environnement cosmique.
Comment Hubble et les observatoires au sol ont patiemment reconstitué l’origine réelle du phénomène observé
Pour comprendre cette anomalie, la NASA a suivi Bételgeuse pendant plusieurs années avec le télescope spatial Hubble. Ces observations ont été croisées avec celles d’instruments terrestres pour analyser finement l’atmosphère de l’étoile et ses variations lumineuses.
Les chercheurs ont ainsi identifié l’origine exacte des perturbations. Aucun signal de mort stellaire imminente n’apparaît dans les données. Les résultats révèlent au contraire un mécanisme dynamique inattendu, qui renouvelle profondément l’interprétation du comportement de cette supergéante.
Siwarha, la petite étoile cachée dont l’orbite explique enfin les variations lumineuses de Bételgeuse
L’explication tient à une étoile compagne longtemps passée inaperçue, nommée Siwarha. Ce petit astre évolue à l’intérieur même de l’atmosphère dilatée de Bételgeuse. En se déplaçant rapidement, il crée un sillage de gaz dense qui bloque temporairement une partie de la lumière.
Le phénomène peut être comparé au passage d’un bateau laissant des remous derrière lui. Siwarha produit un effet similaire en traversant le plasma stellaire environnant. Cette interaction directe rend compte avec précision des cycles de luminosité qui déconcertaient les astronomes depuis plusieurs années.
Ce que la découverte de Siwarha change dans l’étude des géantes rouges et de leur évolution
Cette confirmation met un terme aux explications reposant uniquement sur des pulsations internes. L’existence de Siwarha confirme l’influence d’un système binaire sur l’évolution de l’étoile principale. Les chercheurs disposent désormais d’une preuve directe pour étudier la perte de masse.
Bételgeuse devient ainsi un terrain d’observation privilégié pour comprendre la vie réelle des géantes rouges. Le sillage généré par l’étoile compagne offre un angle inédit sur la dynamique des gaz stellaires. Ces données permettent d’analyser plus finement les processus physiques à l’œuvre.
L’explosion finale de Bételgeuse ne se produira pas à l’échelle d’une vie humaine ni dans les siècles à venir. L’étoile poursuit son évolution naturelle, simplement perturbée par sa voisine orbitale. Le ciel d’Orion peut donc être observé sans craindre un cataclysme cosmique imminent.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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