Découvrez le Rambo soviétique qui met une raclée à la CIA et aux Américains

On se souvient de la recrudescence de films américains anticommunistes et antisoviétiques dans les années 1980, avec des sommets de subtilité comme Rambo 2 ou Rocky IV, tous deux avec Sylvester Stallone. Cependant ce que vous ignorez peut-être, c’est que les Soviétiques ont produit des réponses cinématographiques à ces films, et que l’une de ces productions a connu un tel succès que des distributeurs se sont risqués à la diffuser en Occident. On vous fait découvrir ce film improbable qu’est “Le Soviet”.  

 

1985 a été une année faste pour Sylvester Stallone en termes de notoriété, même si on doute que cela ait été pour de bonnes raisons. Rambo 2 et Rocky IV sont en effet tous les deux sortis cette même année, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont poussé très loin l’anticommunisme et l’antisoviétisme débile. Depuis les communistes vietnamiens sadiques de Rambo 2 au Russe boxeur cabotin (joué par le Suédois Dolph Lundgren) de Rocky IV, Stallone n’aura pas fait dans la dentelle pour représenter les « Rouges » à l’écran, et n’aura pas volé ses nombreux Razzie Awards cette année. Cependant ces films, outre leur célébrité pour leur quotient nanar élevé, ont connu un vif succès.

 

Une affiche – espagnole – qui annonce déjà la couleur : 

Le-soviet-esp

 

Or en Union soviétique on appréciait pas spécialement cette représentation (et on appréciait pas les Américains et le capitalisme non plus), et encore moins qu’elle remporte du succès. Les cinéastes soviétiques réalisaient depuis des années des films antiaméricains, et dans les années 1980 les films d’action soviétiques mettant en scène des soldats russes combattant les armées capitalistes ont fait florès. L’un d’eux, d’ailleurs, a connu un succès particulièrement important dans les pays de l’Union à sa sortie en 1985. Son titre russe est « Odinochnoye plavanye », et ses performances commerciales dans le bloc soviétique ont poussé des distributeurs occidentaux à le localiser en Europe de l’Ouest, et il a été titré en France « Le Soviet – La Revanche ».

 

La splendide jaquette de la VHS française : 

le-soviet-la-revanche

 

Le pitch du Soviet est assez improbable et alambiqué. Un sommet diplomatique doit avoir lieu au cours duquel Américains et Soviétiques doivent réussir à s’entendre. Cependant dans le même temps la CIA, alliée aux capitalistes magnats de l’industrie de l’armement désireux de déclencher la Troisième Guerre mondiale, a monté une horrible machination visant à couler un paquebot géant rempli de civils avec un missile nucléaire et à faire porter le chapeau aux Soviétiques. À la tête de ce complot se trouve un soldat américain vétéran du Vietnam désirant se venger des Soviétiques (comme un air de déjà-vu). Seul le major Chatokhine, interprété par Mikhail Nozhkin, à la tête de son commando de marins, peut parvenir à désamorcer l’engin de mort.

 

La bonne tête de héros du major Chatokhine :

le-soviet-la-revanche

 

Complots, ennemis fourbes et sadiques, héros valeureux et militaire… Ça ne vous rappelle rien ? Aussi étrange que cela puisse paraitre, les films d’action des années 1980 (et peut-être la plupart de tous les autres, mais c’est un autre débat) tirent tous les mêmes ficelles grossières pour diaboliser l’ennemi et valoriser la force militaire, toujours utilisée à bon escient bien sûr, du héros défendant la paix par les armes (on est plus à une contradiction près). D’ailleurs il est étonnant de constater que, même si l’effondrement du bloc soviétique a mis fin à la guerre froide, les Russes continuent de tenir le mauvais rôle dans beaucoup de films américains, et l’inverse est d’ailleurs aussi vrai en Russie. Enfin du moment que ces films continuent de nous offrir des caricatures improbables :P.

 

Ce film est particulièrement improbable. On se rend compte que le cinéma des années 1980 nous a offert plein de films qui restent mémorables… mais pas forcément pour de bonnes raisons ! Avec le recul, il parait normal que pour tous les films anticommunistes et antisoviétiques américains qui existent, il y ait des versions antiaméricains et anticapitalistes du côté URSS. Êtes-vous nostalgique des films de cette époque ?


La production d’un kilo de miel mobilise l’énergie de 6000 abeilles pendant 2 semaines

— @DailyGeekShow