En 1994, Steve et Terri Irwin rachètent une ancienne propriété rurale du Queensland pour y reconstituer un refuge à koalas. Trois décennies plus tard, Ironbark Station fait partie d’un ensemble d’aires protégées dépassant 180 000 hectares. Son histoire montre combien la restauration d’un habitat exige de la patience, alors que l’espèce est désormais classée en danger.

À Blackbutt, Ironbark Station couvrait environ 3 500 acres, soit 1 416 hectares, et non 3 500 hectares
La propriété se trouve près de Blackbutt, sur les contreforts de la Cordillère australienne, à quelques heures de route de Brisbane. Le chiffre de 3 500 acres circule souvent sous la forme erronée de 3 500 hectares. En réalité, la surface initiale avoisine 1 416 hectares, une confusion d’unités fréquente dans les récits de cette acquisition.
Ensuite, le couple fait mettre en terre près de 44 000 eucalyptus. Ce choix n’a rien d’anodin, car le koala se nourrit presque exclusivement de feuilles d’une sélection d’espèces de ce genre, qui lui servent aussi d’abri. Par la suite, environ 660 hectares supplémentaires sont venus agrandir le domaine, porté à un peu plus de 2 000 hectares.
Les koalas du Queensland, de Nouvelle-Galles du Sud et du Territoire de la capitale sont en danger depuis février 2022
Depuis le 12 février 2022, les populations de koalas de ces trois juridictions figurent dans la catégorie « en danger » de la loi fédérale sur la protection de l’environnement et de la biodiversité, l’EPBC Act. Elles n’étaient jusque-là classées que vulnérables, depuis 2012. Selon le ministère australien de l’Environnement, ce changement de statut reflète un net recul des populations.
Parmi les causes citées figurent la perte d’habitat, les collisions avec les véhicules, les attaques de chiens et la chlamydiose. Par ailleurs, les sécheresses et les incendies de l’été 2019-2020 ont aggravé la situation. Dès lors, chaque parcelle de forêt d’eucalyptus conservée ou replantée prend une valeur particulière.
Replanter ne suffit pas, car la connexion entre les parcelles boisées pèse autant que la surface de forêt disponible
Des études conduites dans le sud-est du Queensland, notamment par l’équipe de Clive McAlpine à l’université du Queensland, ont montré l’importance de la configuration du paysage. Ainsi, la probabilité de rencontrer des koalas dépend de la quantité de forêt, mais aussi de la fragmentation des boisements.
Un animal obligé de traverser des zones ouvertes s’expose davantage aux chiens et à la circulation. Par conséquent, relier les bosquets par des corridors limite ces déplacements risqués. Sur le terrain, les équipes ont aussi dû combattre les plantes invasives, qui étouffent les jeunes arbres et gênent la circulation de la faune.
Depuis la disparition de Steve Irwin en 2006, le projet s’est fondu dans un ensemble de plus de 180 000 hectares protégés
Steve Irwin meurt en septembre 2006, mais l’effort de conservation se poursuit sous l’égide d’Australia Zoo et de sa fondation, Wildlife Warriors. En 2007, la fondation acquiert ainsi la réserve Steve Irwin, au cap York, qui couvre à elle seule environ 130 000 hectares.
Selon Wildlife Warriors, l’ensemble des propriétés protège aujourd’hui plus de 450 000 acres, soit plus de 180 000 hectares, à travers le Queensland. Ce réseau associe des zones arides de la Brigalow Belt et des forêts d’eucalyptus de la Cordillère. Ironbark Station n’en représente qu’une petite fraction, mais elle reste la première pierre d’un engagement qui se mesure en décennies.