— Jurik Peter / Shutterstock.com

Des astronomes ont découvert une étoile à neutrons des plus inhabituelles. Remettant largement en question notre compréhension de ces étoiles, celle-ci pourrait aider à percer le mystère des sursauts radio rapides.

Une étoile à neutrons anormalement lente

Les étoiles à neutrons sont les noyaux denses que les étoiles massives laissent derrière elles lorsqu’elles explosent en supernovas. Il s’avère que certaines d’entre elles émettent des faisceaux de rayonnement depuis leurs pôles. Lorsque ces derniers atteignent la Terre, ils apparaissent sous la forme d’impulsions brèves et régulières d’émissions radio, ce qui leur vaut d’être qualifiées de « pulsars ».

Alors que la plupart des pulsars tournent extrêmement vite (quelques millisecondes à quelques secondes), l’objet récemment découvert effectue une rotation complète toutes les 75,88 secondes, ce qui en fait de loin l’étoile à neutrons émettrice d’impulsions radio la plus lente jamais découverte (il fallait 23,5 secondes à la précédente détentrice du record pour effectuer un tour complet).

On a longtemps pensé que les émissions radioélectriques produites par les étoiles à neutrons étaient étroitement liées à leur vitesse de rotation, et qu’un ralentissement important de cette dernière entraînerait leur arrêt. Avec un temps de rotation dépassant la minute, le nouveau pulsar remet largement en question les modèles de ce processus. Plus étrange encore, l’équipe a découvert que l’objet émettait sept types d’impulsions différentes.

L’une des 64 antennes du radiotélescope MeerKAT — © Morganoshell

Sept types d’impulsions différentes

Alors que ses impulsions « normales » atteignaient un pic de luminosité puis s’estompaient, certaines en présentaient deux ou trois, ou possédaient une luminosité beaucoup plus irrégulière, donnant au graphique un aspect « hérissé ». Selon les auteurs de la nouvelle étude, parue dans la revue Nature Astronomy, l’objet présente un mélange étrange de caractéristiques des pulsars, des magnétars à très longue période et des sursauts radio rapides, ce qui pourrait permettre de mieux cerner leurs liens.

Nommé PSR J0901-4046, le pulsar a été découvert grâce au radiotélescope MeerKAT, en Afrique du Sud. Selon l’équipe, l’extrême lenteur de ses pulsations constitue la principale raison pour laquelle de tels objets avaient jusqu’à présent échappé à la détection.

« Étonnamment, nous n’avons détecté l’émission radio de cette source que pendant 0,5 % de sa période de rotation », souligne Manisha Caleb, auteure principale de l’étude. « Il est donc probable qu’il y ait beaucoup plus de ces astres à rotation très lente dans la galaxie, ce qui a des implications importantes pour comprendre comment les étoiles à neutrons naissent et évoluent. »

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