Un implant révolutionnaire contrôlé par la pensée permet à un patient paralysé de remarcher

Depuis l’opération, Oskam a pu marcher plus de 100 mètres d’affilée et grimper des escaliers

implant
— SciePro / Shutterstock.com

Un homme ayant perdu l’usage de ses jambes à la suite d’un grave accident en 2011 a pu se lever et marcher à nouveau à l’aide d’un dispositif innovant, « reconnectant » le cerveau aux muscles concernés.

Pont numérique

Rétablissant la communication entre le cerveau et la région de la moelle épinière contrôlant le mouvement des jambes, ce « pont numérique » constitue la dernière avancée dans le cadre d’un programme de longue date visant à mettre au point des interfaces cerveau-machine pour surmonter la paralysie. Selon ses concepteurs, une telle approche permet des mouvements plus naturels, initiés et contrôlés par la pensée.

Si une version antérieure du dispositif, reposant sur la transmission de signaux à sa moelle épinière à l’aide d’un ordinateur, avait permis à Gert-Jan Oskam de retrouver une certaine mobilité, le mouvement s’avérait assez robotique et devait être déclenché à l’aide d’un bouton ou d’un capteur.

Sa dernière mise à jour a impliqué la pose d’électrodes détectant l’activité neuronale du patient lorsqu’il essaie de bouger ses jambes. Les données sont traitées par un algorithme qui les transforme en impulsions, lesquelles sont envoyées à d’autres électrodes situées dans sa colonne vertébrale, afin d’activer les nerfs adéquats et produire les mouvements musculaires voulus.

Depuis l’opération, Oskam a pu marcher plus de 100 mètres d’affilée et grimper des escaliers. Plus impressionnant encore, le patient a retrouvé un certain contrôle sur ses jambes, même lorsque l’appareil était éteint. Ce qui suggère, selon l’équipe, que le fait de reconnecter le cerveau à la colonne vertébrale contribue à régénérer les nerfs rachidiens chez les sujets dont la moelle épinière n’a pas été entièrement sectionnée.

Un potentiel énorme

Oskam ayant réalisé des progrès impressionnants plus de dix ans après son accident, l’équipe est convaincue que d’autres patients souffrant de lésions plus récentes pourraient obtenir des résultats encore plus spectaculaires avec de tels implants.

« Imaginez que nous appliquions le pont numérique quelques semaines après la lésion de la moelle épinière. Le potentiel de récupération serait énorme », estime Grégoire Courtine, chercheur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne et auteur principal de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature.

Bien que les travaux n’en soient qu’à leurs débuts, les chercheurs espèrent que de futurs dispositifs miniaturisés aideront les patients victimes d’un accident vasculaire cérébral et les personnes paralysées à marcher, bouger leurs bras et leurs mains ou retrouver le contrôle de leur vessie, souvent affecté par les lésions de la moelle épinière.

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