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Des analyses génétiques éclairent « l’aire d’acoquinage » de nos ancêtres avec les Néandertaliens

Elle était beaucoup plus étendue qu’on ne le pensait

— © Michael Brace / Flickr

Lorsque nos ancêtres ont commencé à s’établir en Eurasie, ils ont croisé la route des Néandertaliens, qui y vivaient depuis des centaines de milliers d’années. Une récente étude a permis de préciser l’aire d’hybridation des deux espèces.

Une vaste zone géographique

On estime que le génome des populations non africaines modernes contient entre 2 et 4 % d’ADN néandertalien. S’il s’agit d’une preuve évidente du métissage des deux espèces, l’étendue géographique précise de ces échanges restait incertaine. Afin de la préciser, des chercheurs ont examiné 4 417 échantillons génétiques, prélevés sur des restes humains vieux de 44 000 à 6 000 ans, provenant de 1 200 sites répartis à travers l’Eurasie.

Partant de l’hypothèse que les premières rencontres s’étaient produites au Levant, les chercheurs ont étudié l’évolution des concentrations de gènes néandertaliens chez Homo sapiens depuis cette région du Moyen-Orient.

Alors qu’il était largement supposé que l’un des principaux événements d’hybridation s’y était produit, l’équipe a constaté que l’introgression génétique néandertalienne avait en fait tendance à augmenter à mesure que l’on s’éloignait de cette zone, tant vers l’Asie que l’Europe. Dans l’ensemble, l’aire d’hybridation s’étendait sur quelque 4 000 kilomètres, avec une limite septentrionale au niveau de la Baltique.

Concrètement, cette zone couvrait la majeure partie des territoires occupés par les Néandertaliens, à l’exception des montagnes de l’Altaï, en Sibérie, et de la péninsule Ibérique.

— vitstudio / Shutterstock.com

Métissage continu

La régularité des schémas d’introgression appuie également l’idée d’un mouvement continu de métissage, débuté il y a environ 60 000 ans, lorsque notre espèce a quitté l’Afrique, et s’étant étalé sur près de sept millénaires.

Aussi étendue ait été cette « zone d’acoquinage », les auteurs de la nouvelle étude, pré-publiée sur le serveur bioRxiv, estiment toutefois que seuls les humains modernes et Néandertaliens les plus aventureux auraient franchi le pas, la majorité préférant restant fidèle à leur propre espèce.

L’an passé, une autre étude a conclu que nos ancêtres s’étaient également métissés avec au moins trois populations différentes de Dénisoviens, dont l’héritage génétique perdure chez certaines populations actuelles d’Océanie.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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