Depuis l’opération de Léon XIV, le Gemelli retrouve une place familière dans l’histoire du Vatican. Cet hôpital romain accueille les pontifes depuis l’attentat contre Jean-Paul II en 1981. Son étage sécurisé raconte une relation médicale et institutionnelle unique, façonnée par plusieurs pontificats.

L’opération de Léon XIV replace le Gemelli au centre d’une histoire médicale commencée sous Jean-Paul II
Léon XIV est entré au Gemelli le 13 octobre 2026 pour retirer un nodule du poumon droit. L’intervention de 90 minutes s’est déroulée sans complication, selon le Vatican et son équipe médicale. Cependant, l’analyse a ensuite identifié un adénocarcinome pulmonaire, ce qui impose désormais un suivi précis.
Le pape récupère au Gemelli, dans une zone protégée du grand établissement romain. Sa suite papale habituelle reste toutefois en rénovation, ce qui impose un hébergement de remplacement. Ainsi, la tradition du Gemelli continue, même si Léon XIV n’occupe pas exactement l’appartement historique.
Cette relation a commencé le 13 mai 1981, après les tirs de Mehmet Ali Agça place Saint-Pierre. Les médecins ont opéré Jean-Paul II pendant près de six heures, alors qu’aucun organe vital n’avait été touché. Ensuite, le Gemelli est devenu son hôpital de référence pendant le reste de son pontificat.
Jean-Paul II a fait du Gemelli son hôpital de référence et lui a donné le surnom de « Vatican numéro trois »
Jean-Paul II y a reçu des soins à neuf reprises et y a passé 153 jours au total. Cette fréquence lui a inspiré sa formule sur le « Vatican numéro trois », après Saint-Pierre et Castel Gandolfo. De plus, ses séjours prolongés ont poussé le Vatican à aménager un espace médical permanent.
L’appartement se trouve au dixième et dernier étage, au bout d’un couloir étroitement surveillé. Il réunit un lit, une salle de bain, une cuisine, des équipements médicaux et une petite chapelle. Ainsi, le pape peut recevoir des soins tout en conservant un cadre adapté à sa fonction.
Jean-Paul II est encore revenu au Gemelli en 2005, quelques semaines avant sa mort le 2 avril. Son successeur Benoît XVI n’y a effectué aucun séjour hospitalier annoncé publiquement durant son pontificat. Pourtant, l’héritage médical créé autour du pape polonais est resté en place pour ses successeurs.
François a renforcé ce lien avec quatre hospitalisations, jusqu’à son long séjour pour double pneumonie
François a renoué avec cette tradition et s’est rendu quatre fois au Gemelli entre 2021 et 2025. Il y a subi une chirurgie du côlon, puis une opération pour une hernie abdominale. En parallèle, deux épisodes respiratoires ont conduit à d’autres hospitalisations, dont celle de février 2025.
Son dernier séjour a duré cinq semaines, en raison d’une double pneumonie et d’une infection respiratoire complexe. Les médecins ont alors tenu plusieurs points de presse dans le hall devant des journalistes venus du monde entier. Enfin, François est apparu très affaibli avant sa sortie le 23 mars 2025.
Le Gemelli combine soins, recherche et enseignement dans un établissement qui reste distinct du Vatican
Le Gemelli a ouvert en 1964 dans le nord-ouest de Rome et reste lié à l’Université catholique du Sacré-Cœur. Le centre compte aujourd’hui 1 611 lits et 5 607 salariés, selon ses données institutionnelles. De plus, il assure soins, recherche et enseignement dans de nombreuses spécialités médicales.
Son surnom d’« hôpital des papes » vient donc d’une histoire précise, et non d’un statut vatican. Le Gemelli reste un établissement privé sans but lucratif intégré au système de santé italien. Ainsi, sa place auprès des pontifes repose sur quarante-cinq ans de soins, de sécurité et de continuité.