Aujourd’hui, l’orientation sexuelle d’un individu peut sérieusement le mettre en danger dans certains pays du monde. Par exemple, les rapports homosexuels sont punis de la peine de mort en Iran, tandis qu’en Tchétchénie, les personnes homosexuelles risquent non seulement la torture mais aussi d’être assassinées, parfois par leur propre famille. En France, les homosexuels subissent également des injustices et des stigmatisations. Mais pourquoi tant de haine ? La réponse avancée est alors trop souvent : « c’est contre-nature ». Mais qu’en est-il vraiment, du point de vue de la nature ?

Pourquoi des gens disent que l’homosexualité est contre-nature ?

Deux raisons sont souvent avancées pour justifier l’argument des homophobes. La première, c’est qu’on ne trouverait l’homosexualité que chez les êtres humains. En d’autres termes, on l’aurait inventée. La seconde raison, c’est que l’homosexualité transgresserait l’ordre naturel établi par Mère Nature qui voudrait que les rapports sexuels n’obéissent qu’à une seule fonction : la reproduction des espèces.

Toutefois, ces deux raisons sont réfutées par la science et par Mère Nature elle-même.

Les animaux sont loin d’être tous hétérosexuels

En effet, l’homosexualité existe aussi chez certains animaux. Selon les chercheurs, les rapports homosexuels chez les animaux ont été observés depuis l’Antiquité. Toutefois, ne comprenant pas ce phénomène, les scientifiques de l’époque ont préféré ignorer ce comportement singulier.

Thierry Lodé, biologiste, spécialiste de la sexualité des animaux et auteur de l’ouvrage « La Guerre des sexes chez les animaux », a déclaré dans une vidéo du Monde que :

«  Les scientifiques ont confondu avec un désordre de l’évolution tout ce qui pouvait être un comportement assimilé à de l’homosexualité animale. Généralement, ces comportements entre individus du même sexe étaient considérés comme une pathologie ou un dérèglement. On pouvait penser que les hormones se jugulaient mal ou que les intérêts étaient mal définis. Dans tous les cas, elles sont restées des pratiques douteuses car la science est très influencée par la société et que la société est très influencée par toute une ambiance judéo-chrétienne qui remonte quand même à fort longtemps. »

C’est seulement en 1999 que le regard de la société porté sur l’homosexualité animale commence à changer et ce, grâce aux travaux de Bruce Bagemihl, biologiste canadien et auteur de « Biological Exuberance ». Pendant 9 ans, ce biologiste a étudié les relations sexuelles de 1.500 espèces d’animaux comprenant des reptiles, des poissons, des insectes, des mammifères et des oiseaux.

Bruce Bagemihl a alors constaté qu’environ 1/3 de ces espèces entretenaient parfois des rapports homosexuels.

1/3 des animaux entretiennent des rapports homosexuels.

Les catégories de rapports homosexuels chez les animaux

Bruce Bagemihl classe les rapports homosexuels chez les animaux en quatre catégories :

Il y a d’abord la séduction des animaux de même sexe comme les autruches mâles qui paradent parfois pour d’autres mâles.

Ensuite, le chercheur distingue les rapports légers avec quelques contacts comme certaines girafes mâles qui s’entrelacent.

Puis, il y a les rapports sexuels comme chez les lions ou les éléphants qui se pénètrent.

Enfin, le biologiste observe les relations homosexuelles de couple comme chez certains béliers, putois ou encore chez les manchots de Humboldt.

En 2005, la direction d’un zoo en Allemagne a fait venir des manchots femelles pour les faire s’accoupler avec ses manchots mâles. Toutefois, ce fut un échec. Les manchots mâles n’ont jamais voulu se séparer. Par conséquent, la direction a décidé de faire couver les œufs rejetés par certains couples hétérosexuels du même enclos par ses manchots mâles.

Les rapports homosexuels existent bel et bien dans le règne animal, indépendamment des opinions des personnes et que ces animaux ne remplissent pas une fonction de reproduction

Les animaux ne sont pas « programmés » à la fonction exclusive de se reproduire.

Pourquoi certains animaux ont des rapports homosexuels ?

Trois raisons motiveraient les animaux à avoir des rapports homosexuels.

Pour le plaisir

En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les animaux ne pensent pas qu’à se reproduire mais aussi à prendre du plaisir, comme pour les humains. Ainsi, si les animaux trouvent plaisir à pratiquer des actes sexuels comme le cunnilingus, la fellation ou la pénétration, ils les répèteront et ce, peu importe si leurs partenaires sont du même sexe qu’eux ou non.

Par exemple, les femelles macaques japonaises, bien qu’elles se reproduisent avec des mâles, se donnent aussi à des caresses sexuelles entre femelles.

Pour renforcer les liens dans un groupe

Fleur Daugey, journaliste, ethnologue et auteure de l’ouvrage « Animaux Homos » explique cette raison comme suit :

L’homosexualité sert à faire des alliances, particulièrement chez les mâles. Par exemple, chez les dauphins, comme ils vont être deux, cela va leur permettre d’avoir un accès plus facile aux femelles. Parce que souvent, à deux, ils vont poursuivre une femelle pour s’accoupler avec elle. Ils vont aussi mieux pouvoir se défendre contre d’autres dauphins ou des prédateurs parce qu’ils seront vraiment soudés.

Pour assurer la survie de l’espèce

Certains spécialistes, comme Fleur Daugey, affirment que les rapports homosexuels tiennent un rôle majeur dans la nature. Cette experte explique ainsi que « l’homosexualité ne va pas empêcher les animaux de se reproduire, cela va même leur donner un accès plus facile à la reproduction mais c’est aussi quelque chose qui va favoriser la pérennité des espèces ».

Les animaux ont différentes raisons de s’adonner à des rapports homosexuels.

Pour plus de clarté, prenons par exemple un couple de cygnes noirs mâles. Ensemble, ces deux cygnes mâles deviennent plus forts qu’un couple de cygnes hétérosexuels étant donné que la femelle est plus petite. Ils pourront ainsi mieux défendre leur territoire et en profiteront pour couver des œufs qu’ils se seront appropriés. Par conséquent, les parents homosexuels peuvent ainsi mieux protéger et assurer la survie de leur couvée que les parents hétérosexuels.

Ce phénomène n’est donc pas du tout « contre-nature » malgré les nombreux détracteurs qui colportent cet argument. Malheureusement, si l’homosexualité existe bel et bien autant chez les animaux que chez les humains, il n’y a que chez les humains qu’elle est autant réprimée, condamnée, menant jusqu’à des assassinats.

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sasddrifkyTABARYpierre-67 Auteurs de commentaires récents
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pierre-67
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pierre-67

Peu importe l’objet du débat, l’argument de fond dans cet article est ridicule.
Partant de cette réflexion, l’inceste et le viol n’est pas non plus contre-nature.
Doit-on les approuver pour autant ?
A priori non, alors l’homosexualité humaine n’a pas à trouver sa justification chez les animaux.
Cela n’a aucun sens.

rifky
Invité
rifky

good content, on my campus website also provides news about raising animals to breed, I have a link for your reference or visit below
http://news.unair.ac.id/2017/08/03/kecintai-teradap-hewan-antarkan-desy-raih-wisudawan-terbaik/