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Il y a 150 000 ans, un mystérieux « humain à grosse tête » cotôyait l’Homme dragon en Chine

Les comparaisons réalisées suggèrent dans les deux cas un important héritage dénisovien

Reconstitution faciale d’Homo longi — © Chuang Zhao

De nouvelles datations révèlent qu’Homo juluensis, ancien représentant de notre lignée se distinguant par son impressionnant volume crânien, était contemporain d’Homo longi.

Cohabitation préhistorique

La variété des restes humains anciens découverts en Chine indiquent qu’elle constituait un important carrefour évolutif au cours du Pléistocène moyen (il y a 781 000 à 126 000 ans). Parmi les espèces les plus énigmatiques à avoir occupé cette partie du globe, Homo juluensis, dont les témoignages proviennent de la province du Hebei (nord du pays).

L’époque à laquelle vivait cet hominidé à « grosse tête », décrit en 2024, reste toutefois discutée. Si des datations basées sur les sédiments recouvrant ses ossements laissaient penser qu’ils remontaient à 500 000 ans, la luminescence stimulée par infrarouge suggérait qu’ils n’avaient pas plus de 70 000 ans.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Quaternary Science Reviews, des chercheurs se sont appuyés sur les schémas de désintégration de l’uranium pour préciser l’âge de cinq fossiles attribués à H. juluensis.

Associés à la datation de restes de mammifères provenant des mêmes couches sédimentaires, ils montrent que cet ancien humain évoluait dans la région il y a entre 138 000 et 228 000 ans. Cette nouvelle chronologie implique qu’Homo juluensis était contemporain de l’Homme dragon (Homo longi), lequel vivait également dans le nord de la Chine il y a environ 150 000 ans.

Restes fossilisés d’Homo Juluensis — © Hong Ao, Chun-Ru Liu, Andrew P. Roberts, Peng Zhang, and Xinwen Xu / Wikimedia Commons / CC-BY

Héritage dénisovien

À ce stade, le degré de parenté de ces deux hominidés morphologiquement distincts demeure flou, mais des récentes comparaisons indiquent dans les deux cas un important héritage dénisovien.

Identifié pour la première fois en 2010, suite au séquençage génétique d’un os de doigt trouvé dans une grotte sibérienne, l’Homme de Denisova est souvent présenté comme une lignée humaine « fantôme », en raison du nombre restreint de témoignages fossiles dont nous disposons.

Ces dernières années, des scientifiques ont mis au jour des restes dénisoviens dans la région de l’Altaï, sur le plateau tibétain et dans le détroit de Taïwan. Associés à la mise en évidence d’ADN hérité de cet ancien humain chez de nombreuses populations asiatiques actuelles, ils suggèrent que l’espèce occupait une bonne partie du continent durant la seconde moitié de Pléistocène.

En septembre dernier, un crâne chinois vieux d’un million d’années avait bouleversé la chronologie de l’évolution humaine.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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