Il y a 69 ans, le 5 mars 1953, disparaissait le dictateur soviétique Joseph Staline. L’annonce de sa mort plongea le monde dans la stupéfaction. Mais alors, que s’est-il passé exactement le jour de sa mort ?

Lorsqu’on entend le nom de Joseph Staline, on pense directement à l’une des personnes qui ont marqué l’histoire contemporaine. Staline est le grand vainqueur d’Hitler, le modernisateur de l’URSS et artisan d’une terreur généralisée dans son pays. Même s’il avait une mauvaise réputation, Staline a déployé un réel talent pour arriver au sommet du pouvoir et y rester pendant 30 ans.

Le Premier ministre soviétique est mort en 1953 et beaucoup ignorent ce qui a vraiment causé sa mort. Des événements aussi étranges que la fiction entourent sa mort. Il a passé les dernières années de sa vie avec ses compagnons d’armes. Il s’agissait de Gueorgui Malenkov, le probable successeur et vice-ministre de Staline ; de Lavrenti Beria, son influent chef de la police secrète qui voulait aussi être au pouvoir ; de Nikita Khrouchtchev que Staline avait convoqué à Moscou pour équilibrer la dynamique du pouvoir de Malenkov et de Beria ; et Nikolaï Boulganine, son ministre de la Défense.

© Bundesarchiv, Bild 183-R80329 / CC-BY-SA 3.0

Pendant son temps libre, Staline avait pris l’habitude d’aller dans sa datcha dans la banlieue moscovite de Kuntsevo. Il y conviait régulièrement ses quatre compagnons d’armes pour manger un bon repas ou pour regarder un bon film. C’était sa manière de combattre la dépression quand il était livré à lui-même.

Régression de la santé de Staline

En 1945, Staline a subi une crise cardiaque ou une série d’accidents vasculaires cérébraux. Depuis ses problèmes de santé, il n’était plus le même et était devenu très paranoïaque. C’est une des raisons qui l’ont amené à déménager, mis à part le fait qu’il voulait être plus près de ses compagnons d’armes.

Son état de santé est allé de mal en pis. Staline faisait régulièrement des examens médicaux et en 1951, son médecin traitant lui a dit qu’il devait davantage se reposer et travailler moins. Staline avait donc insisté pour être tenu à l’écart de ses tâches quotidiennes. Entre-temps, son médecin a été arrêté et accusé d’être un espion des services de renseignement britanniques.

Les derniers mois de Staline

Au cours des derniers mois de sa vie, Staline a opéré des changements inattendus. D’abord, il a convoqué un congrès du Parti communiste et nommé une foule de jeunes inconnus relatifs à des postes. Son but était de confondre les lignes de succession. Autrement dit, il voulait montrer à son cercle intime qu’il prenait toujours les décisions et que les employés étaient tous susceptibles d’être renvoyés. En 1953, Staline a porté son attention sur les juifs soviétiques dans une campagne sur une nouvelle vague de purges rappelant la Grande Terreur des années 1930, qui avait le potentiel d’ébranler les fondations de l’Union soviétique ainsi que ses dirigeants. D’ailleurs, les compagnons d’armes de Staline avaient vraiment peur de la tournure de la situation et des répercussions que ça aurait sur eux.

La nuit du 28 février 1953, comme à son habitude, Staline a invité Malenkov, Beria, Khrouchtchev et Boulganine pour une soirée film. Ils sont ensuite allés manger dans sa datcha et Staline en a profité pour se renseigner sur le procès contre les médecins du Kremlin, qu’il allait superviser. Effectivement, cet hiver-là, il avait mené une chasse contre ces derniers, dont la plupart était des juifs. Staline a avoué avoir assassiné de hauts responsables soviétiques dans un complot de médecins. Après leur repas, Staline était d’une humeur joyeuse et a plaisanté avec ses compagnons d’armes en les raccompagnant à la porte. Toutefois, le lendemain, plus aucune nouvelle de lui.

Que s’est-il passé ce soir-là ?

Le 1er mars 1953, Staline n’a pas convié ses compagnons d’armes comme d’habitude et n’a même pas sonné pour la nourriture. D’autant plus que les capteurs installés dans sa chambre n’ont détecté aucun mouvement. Mais personne n’osait y entrer par peur de le déranger. C’est seulement vers 22h30 qu’un garde, nommé Peter Lozgachev, est entré dans la chambre et l’a trouvé par terre en pyjama, le sol imbibé d’urine. Un verre vide et de l’eau minérale étaient sur la table ; il semble que Staline était sorti du lit pour boire de l’eau mais avait eu un accident vasculaire cérébral.

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Par la suite, il a été amené au salon et le personnel a appelé ses compagnons d’armes. Arrivé à la datcha, Beria a dit que Staline dormait car on l’entendait ronfler. Malgré le procès contre les médecins, ces derniers ont décidé d’en appeler un. Staline était paralysé du côté droit et sa tension artérielle était au plus bas. Ils lui ont fait un traitement avec des sangsues derrière les oreilles en lui recommandant de ne pas manger. Et le 5 mars 1953, Staline a vomi du sang et a fini par rendre l’âme.

Sa mort a fait naître des spéculations car il a pu être empoisonné par son cercle intime qui en aurait tiré de grands avantages. Apparemment, la nuit du 28 février, Staline a bu du jus de fruit qui aurait pu contenir du poison toxique et un anticoagulant, qui pourrait être à l’origine de son hémorragie à l’estomac. Cependant, cela restera un mystère non résolu.

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