La face cachée de l’hippopotame, l’animal le plus dangereux d’Afrique

La face cachée de l’hippopotame, l’animal le plus dangereux d’Afrique

Souvent présenté comme un animal herbivore paisible et pacifique, l’hippopotame peut en réalité se révéler particulièrement agressif et violent. Doté d’une agilité insoupçonnée, il arrive même qu’il s’attaque aux humains… et les tuent. Mais aussi dangereux soit-il, il joue un rôle écologique indispensable en Afrique. Explications.

UN ANIMAL LOIN D’ÊTRE INOFFENSIF

Selon la croyance populaire, l’hippopotame est un animal pacifique et doux passant le plus clair de son temps à se prélasser dans les eaux tropicales boueuses, mais la réalité est cependant bien différente. Sous ses airs inoffensifs, il se révèle aussi agile qu’agressif, se nourrit occasionnellement d’impalas ou de buffles… et s’attaque même aux humains.

À la nuit tombée, il quitte les plans d’eau et peut parcourir plusieurs kilomètres pour trouver de quoi se sustenter. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’il s’aventure à proximité des villages et ravage les cultures.

Comme l’explique Johan Eksteen, écologiste sud-africain qui étudie le comportement des hippopotames depuis près de trois décennies : « La majorité des occidentaux ne sont pas conscients de l’extrême dangerosité de ces animaux. Les touristes voient un hippopotame bâiller et supposent qu’il est heureux, alors que c’est au contraire un signe de menace. Il arrive aussi que l’animal produise un grognement s’apparentant à un éclat de rire, mais une fois encore, c’est tout l’inverse. »

Leejiah Dorward, doctorante à Oxford qui étudie les conflits humains-carnivores en Tanzanie évoque une autre erreur souvent commise par les touristes : « Les gens sont persuadés que les hippopotames sont de purs herbivores, mais nous disposons de preuves solides qui démontrent qu’il leur arrive de consommer de la viande. »

Ces dernières années, pas moins de 87 hippopotames ont été observés en train de manger de l’impala, du koudou, du gnou et du buffle et il arrive même qu’ils se nourrissent des carcasses de leurs congénères.

S’ils ne chassent pas « activement » les humains, il arrive que les hippopotames s’en prennent à eux dans certaines circonstances. Cela se produit notamment lorsque des touristes s’aventurent à proximité de leur plan d’eau ou se retrouvent malencontreusement sur leur passage.

Capables de charger à la vitesse de 40 km/h, ils se révèlent beaucoup plus meurtriers que le lion et causent la mort de 500 personnes chaque année.

CHAQUE ANNÉE, IL TUE ENVIRON 500 PERSONNES EN AFRIQUE

En 2014, 13 personnes se sont noyées au Niger après que des hippopotames aient fait chavirer leurs embarcations, et des incidents similaires se produisent chaque année en Tanzanie ou en Namibie.

De nombreuses histoires terrifiantes circulent à ce sujet partout en Afrique, y compris celle d’un homme et de sa femme sauvagement tués et dévorés en pleine nuit par un hippopotame qui passait à proximité de leur habitation.

Toutefois, les scientifiques estiment que l’estomac de l’hippopotame ne se révèle pas particulièrement adapté à la digestion de la viande. Selon eux, l’animal consomme de la viande uniquement lorsqu’il souffre d’une carence nutritionnelle, et se contente la plupart du temps de brouter la végétation.

PRINCIPALEMENT HERBIVORE, L’HIPPOPOTAME PEUT ÊTRE AMENÉ À CONSOMMER DE LA VIANDE LORSQU’IL SOUFFRE D’UNE CARENCE NUTRITIONNELLE

Comme l’explique Eksteen : « La plupart des herbivores utilisent leurs incisives tranchantes pour pincer et sectionner soigneusement les feuilles. Les longues canines et incisives des hippopotames sont au contraire de puissants moyens de défense et ces derniers utilisent leurs lèvres pour pincer la végétation. »

Si les hippopotames passent des journées entières à se prélasser dans l’eau afin de se rafraîchir, ils peuvent parcourir plusieurs kilomètres durant la nuit, surtout en hiver lorsque la végétation se fait plus rare, et il n’est pas rare que ces grands amateurs de légumes verts s’attaquent aux récoltes.

L’ANIMAL S’ATTAQUE ÉGALEMENT AUX CULTURES

Bien que l’usage de clôtures électriques ait permis de tenir ces animaux affamés à distance dans certaines régions d’Afrique, de nombreux agriculteurs ont choisi de délaisser la culture des légumes pour se tourner vers celle des agrumes.

Un choix particulièrement astucieux, puisque les hippopotames, qui ne s’intéressent pas aux agrumes et se contentent de paître entre les arbres fruitiers, dissuadent ainsi efficacement les voleurs une fois la nuit venue.

Le liquide secrété par les hippopotames pour se protéger du soleil possède également de nombreuses vertus qui pourraient nous être bénéfiques, comme l’explique Eksteen : « Ils ne possèdent pas de glandes sudoripares mais des glandes séreuses. En quelques minutes, le liquide visqueux qu’ils produisent vire au brun et agit comme une protection solaire très efficace et un puissant antimicrobien. ».

Les hippopotames jouent également un rôle écologique essentiel en remuant vigoureusement le fond des rivières et en les « enrichissant » avec leurs déjections, ce qui profite aux populations de poissons. Malgré le danger qu’ils peuvent représenter pour les humains, ils restent donc les garants de leur écosystème et il semble indispensable de les préserver à tout prix, à l’heure où le braconnage et la destruction de leurs habitats menacent leur pérennité.

Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux